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Stats Geek | Que vaut vraiment un choix en fin de première ronde?

Avec la saison à oublier du Canadien, les rumeurs de transactions vont bon train. Depuis le retour des Fêtes, il ne se passe pas une semaine sans qu’on puisse lire sur Ben Chiarot. D’ailleurs, il a même été faussement échangé aux Maple Leafs 2 fois déjà. Ce que le CH désire en retour du défenseur est comparé à David Savard ou à Nick Foligno, l’an dernier. Échangés à la date limite des transactions en 2021, les deux joueurs de location avaient chacun rapporté un choix de première ronde aux Blue Jackets. Il va sans dire que Chiarot trouvera preneur chez une équipe aspirant aux grands honneurs. Le premier choix de cette équipe se retrouvera donc très souvent dans le dernier tiers de la première ronde (entre 20e et 32e). Mais concrètement, que vaut une sélection du genre pour une équipe qui cherche à se reconstruire?

Tout d’abord, c’est évident que la résultante d’une telle transaction, bonne ou mauvaise, dépendra du retour à long terme. Si une équipe met la main sur un David Pastrnak, victoire! Si, par contre, elle repêche un Louis Leblanc, on pourrait regretter l’échange. Il est impossible de prédire l’avenir. Le but, ici, est simplement de démontrer la valeur statistique lorsqu’on acquiert un tel choix.

Une équipe a 2 options lorsque vient le temps d’utiliser un choix tardif de première ronde (CTPR): l’échanger ou repêcher. J’ai analysé chacune des options pour vous. Qu’est-on en droit de s’attendre lorsqu’on repêche un joueur vers la fin de la première ronde? Et à quoi peut servir un CTPR lors d’une transaction future? Voyons voir!

Conserver et repêcher

Afin d’effectuer une analyse réfléchie, j’ai évalué le développement de 126 joueurs, repêchés entre 2010 et 2016. Cela fait 18 joueurs considérés lors de chacune des 7 années de repêchage. Sur ces 18 joueurs, je n’ai conservé que les 10 derniers choix de la première ronde et les 8 premiers de la deuxième. Cela me semblait les joueurs les plus susceptibles à être choisis vers la fin du premier tour du repêchage.

Par la suite, j’ai séparé les joueurs en quatre catégories: les fantômes, les joueurs de rôle, les bons et les vedettes. Les fantômes sont des joueurs qui n’ont jamais eu de réel impact dans la LNH. Les joueurs de rôle sont des joueurs qui ont eu à remplir des mandats précis. Ils ont généralement eu une carrière comme joueur de soutien (3e, 4e ligne, 4e, 5e, 6e défenseur ou gardien réserviste). Pour ce qui est des bons joueurs, ils sont aisément reconnus pour faire partie du top-9 en attaque ou du top-4 en défense. Par contre, ce n’est pas le joueur qui vient immédiatement à l’esprit lorsqu’on parle de première vague d’avantage numérique. Finalement, les vedettes sont les meilleurs joueurs d’une équipe. Eux autres tu les vois sur l’avantage numérique #1.

Sur les 126 joueurs au total, 60 sont des fantômes (47,6%), 42 des joueurs de rôle (33,3%), 17 de bons joueurs (13,5%) et 7 des vedettes (5,6%). Donc, statistiquement, une équipe qui conserve son CTPR sélectionne un espoir dont les chances d’évoluer dans la LNH sont d’environ 50%. Dans un cas sur cinq (19,1%), le joueur repêché aura un impact significatif dans la Ligue nationale.

Type de joueursVedettesBons JoueursJoueurs de rôleFantômes
% par catégorie5,613,533,347,6
% cumulatif5,619,152,4100

À titre informatif, un joueur comme Frédérik Gauthier fait partie des joueurs de rôle les moins forts et Travis Konecny des bons joueurs les plus forts. Les vedettes les plus près de la catégorie inférieure sont Brock Boeser, Andre Burakovsky et Jordan Kyrou.

Rééchanger pour s’améliorer

Mais qu’en est-il si l’équipe souhaite réinvestir le choix acquis au cours d’une prochaine transaction? L’avantage d’avoir un choix plutôt qu’un espoir réside dans la polyvalence du choix. Le joueur, aussi bon peut-il être, a déjà une position et un style fixes. Par exemple, un gros et physique défenseur gaucher n’est pas un petit, rapide et créatif défenseur droitier. Et vice versa. Le choix, lui, peut servir à repêcher un joueur en fonction des besoins réels d’une équipe. Si une équipe a déjà deux bons petits droitiers, elle n’a pas intérêt à en ajouter un 3e. De plus, le choix peut toujours être rééchangé sans perdre de sa valeur ni de sa polyvalence.

Voici quelques exemples de CTPR qui, ajoutés à d’autres éléments, ont servi à obtenir davantage. Tous les exemples datent de 3 ans ou moins. À l’été 2019, Tampa, ayant grand besoin d’espace sous le plafond salarial, envoyait J.T. Miller, 26 ans (4ans/5,25M$ et 0,6 à 0,7 ppg) à Vancouver en échange d’un CTPR et d’un choix hâtif de 3e ronde. En février 2020, les Islanders recevaient Jean-Gabriel Pageau, 27 ans (6 ans/5M$ – 0,5 à 0,65ppg) contre un CTPR et un choix en fin de 2e ronde. Le Canadien a payé le même prix cet été pour le centre de 25 ans Christian Dvorak (4ans/4,5M$ – 0,55ppg). Lors du dernier repêchage, Detroit a dû inclure un choix au milieu de la 2e ronde et un choix de 5e ronde pour s’avancer du 23e au 15e rang. Ils y ont repêché leur gardien d’avenir, Sebastian Cossa. Les Hurricanes ont choisi le chemin inverse. Ils ont donné le 27e choix aux Preds contre 2 choix de 2e tour (#40-Scott Morrow et #51-Ville Koivunen).

Conclusion: le mieux dans tout ça

Oui mais, est-ce que c’est bon ou c’est mauvais? Statistiquement, pour l’équipe ayant reçu un choix tardif lors de la première ronde, c’est souvent bon signe. Le hockeyeur qu’un CTPR va rapporter deviendra au moins aussi important que le joueur échangé dans 25 à 35% des cas. Le joueur repêché pourrait même devenir un joueur clé environ une fois sur 10. Il deviendra, à tout de moins, un membre régulier et utile dans plus de 50% des cas.

Pour l’équipe qui donne un choix pour un joueur de location, cela va dépendre de sa performance en séries éliminatoires. On se rappelle de l’acquisition de Foligno par les Leafs comme d’un fiasco, après leur élimination rapide l’an dernier. Par contre, à Tampa, les ajouts de David Savard, Blake Coleman et Barclay Goodrow demeurent d’excellentes prises ayant rapportées 2 Coupes Stanley au Lightning. Ils ont pourtant tous coûtés à peu près le même prix: un choix vers la fin de la première ronde.

Je ne connais pas les chances exactes de remporter la Coupe pour chacune des équipes. Ce que je sais néanmoins, c’est qu’aucune d’entre-elles n’a plus 50%.

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