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Publié par spectre73  -  15.Septembre.2016 - 15:16
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Salaire des joueurs: retour à la case départ pour la ligue

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Photo par Lisa Gansky ©
La saison morte est presque terminée dans la LNH alors que la plupart des camps d'entraînement des recrues s'ouvrent aujourd'hui. Le magasinage des dirigeants n'a pas été différent des autres années, cet été alors que près de 200 millions ont été dépensés lors de l'ouverture du marché des joueurs autonomes, et ce, seulement la journée du 1er juillet. Ce montant inclut également les prolongations de contrat qui ont été accordées à des joueurs comme Victor Hedman et Aaron Ekblad par exemple.

L'implantation du plafond salarial a été fait en 2005 lors de la reprise des activités dans la LNH et à l'époque, les dirigeants de la ligue avaient du faire des pieds et des mains afin de se soumettre ou nouveau plafond imposé de seulement 39 millions par équipe. La raison de ce plafond était particulièrement pour freiner l'avantage des gros marchés versus les petits. Les équipes à grands budgets pouvaient se payer des Jaromir Jagr à coup de 10 millions alors que des équipes à petits budgets n'avaient pas ce luxe.

La reprise des hostilités

Lors de l'ouverture de la saison 2005-06, l'attaquant le mieux payé de la ligue en fait d'impact sur la masse était le joueur Flames, Jarome Iginla avec un salaire de 7 millions par saison et il a d'ailleurs terminé la saison avec une récolte de 67 points. Les 4 autres plus gros salariés qui viennent dans l'ordre sont:

2- Vincent Lecavalier - 6.875 millions
3- Joe Thornton - 6.66 millions
4- Rick Nash - 5.4 millions
5- Martin St-Louis - 5.25 millions

En reportant ces montants à la saison 2016-17, ces salaires représentent la production d'un attaquant qui varie entre 45 et 70 points par saison, mais avec un plafond imposé de 39 millions, ces joueurs représentaient une très grande partie de la masse salariale de leur équipe. Cette saison-là, le plus productif de ces 5 joueurs fut Joe Thornton avec 125 points alors que s'il avait fait ce même genre de production ces 3 dernières saisons, son salaire aurait explosé la barre des 10 millions par saison.

Qu'est-ce qui a favorisé l'augmentation des salaires octroyés aux joueurs? Ce sont les dirigeants eux-mêmes.

Non seulement le plafond salarial a augmenté depuis 11 ans, mais lors de son instauration, la ligue a décidé d'implanter un plancher qui, à l'époque, s'élevait à 21.5 millions. Le plancher force donc les dirigeants à dépenser de l'argent sur des joueurs qui, au départ, n'auraient pas mérité d'obtenir autant, mais dû à la réalité financière, ils se sont vus offrir des ponts d'or littéralement.

L'art de se tirer dans le pied

La fluctuation du plafond salarial s'est tellement faite rapidement que plusieurs dirigeants se sont vus offrir des opportunités de signer des joueurs à très long terme, mais sans nécessairement s'attarder aux impacts négatifs que peuvent engendrer ces contrats sur le long terme. Plusieurs contrats représentent bien la situation, dont celui qu'a signé Scott Gomez en 2007. Les 7.357 millions étalés sur 7 ans a été l'une des pires décisions des Rangers, car avec un plafond salarial de 50.3 millions Glen Sather a pu s'en donner à coeur joie avec un Gomez qui venait de connaître 2 excellentes saisons avec les Devils.

Gomez a vu son contrat être racheté en 2013 par le Canadien puisqu'il n'était plus capable de produire à la hauteur des nombreux dollars qu'on lui offrait. Il n'est cependant pas le seul, car on n'a qu'à penser à Alexei Yashin, Brad Richards, Rick DiPietro, Vincent Lecavalier et bien d'autres.

Les équipes riches ont fait en sorte de trouver quelques failles à l'instauration du plafond notamment en octroyant des salaires à très long terme comme celui dont profite le nouveau défenseur du Canadien, Shea Weber. Ce contrat de 14 ans lui permettra de prendre sa retraite à 40 ans avec un impact de 7.857 millions sur la masse salariale, mais avec un salaire réel de 1 million lors de ses 3 dernières saisons. C'est pourquoi la ligue a décidé de corriger le tir après le lock-out de 2012-13 en imposant un nombre d'années limites de 7 à 8 ans.

L'autre solution que certains dirigeants ont trouvée, c'est d'acquérir des salaires dans leur équipe, sans avoir le joueur présent physiquement dans l'organisation. C'est notamment le cas des Maple Leafs de Toronto, des Coyotes de l'Arizona et des Devils du New Jersey qui sont allés chercher des joueurs comme Nathan Horton, Chris Pronger, Pavel Datsyuk et Marc Savard. Tous ces joueurs sont tombés inactifs pour des raisons de blessures où ont prit leur retraite sur un contrat signé à l'âge de 35 ans et le bénéfice de ces contrats, c'est que les équipes qui les détiennent peuvent atteindre le plancher salarial tout en se permettant de faire évoluer des jeunes joueurs de talent.

1er juillet ou le marché de la folie

En 2016, le plafond salarial s'élève à 73 millions de dollars et les équipes ont encore de la difficulté à respecter ce montant. Des joueurs comme Jonathan Toews et Patrick Kane mènent le bal avec des salaires de 10.5 millions pour chacun et tout ça pour une production offensive qui varie entre 65 et 100 points par saison. C'est le prix à payer pour une équipe comme les Blackhawks pour garder ses 2 joueurs de franchise sans quoi, ils signeront ailleurs pour 12 ou 13 millions par saison, car oui, certains directeurs généraux auraient offert ce montant à un joueur comme Jonathan Toews sur le marché de l'autonomie.

Jonathan Toews - (C) - CHI - [ 31 ans ]

Saison EQ PJ B P PTS MoyPts/
match
Minus Salaire moyen
2018-2019 CHI 82 35 46 81 0.99 +2 10,5$ M
2017-2018 CHI 74 20 32 52 0.7 -1 10,5$ M
2016-2017 CHI 72 21 37 58 0.81 +7 10,5$ M

Statistiques générées le 2019-06-18 13:35:30



Les salaires octroyés sont de plus en plus haut pour une production offensive de plus en plus basse. Si Patrick Kane ne connait pas une saison exceptionnelle l'an dernier, aucun autre joueur n'atteint le plateau des 100 points, et ce, pour une 2e saison de suite. Évidemment, l'augmentation des salaires ne se fait pas uniquement chez les attaquants, mais c'est d'autant plus significatif de parler d'eux, car les standards offensifs ont dû être revus à la baisse, car la LNH d'aujourd'hui est beaucoup moins offensive, mais les gardiens de but s'améliorent de plus en plus également.

Comparativement à la courbe inverse du rapport production/salaire des attaquants, les gardiens de but ont un salaire à la hausse avec des performances également à la hausse et on pourrait donc dire que c'est la position à laquelle les athlètes méritent vraiment d'être payés à la hauteur de leur talent.

Henrik Lundqvist - (G) - NYR - [ 37 ans ]

Saison EQ PJ V D DP Mba JB PctEff Salaire moyen
2018-2019 NYR 52 18 23 10 3.09 0 0.907 8,5$ M
2017-2018 NYR 63 26 26 7 2.97 2 0.915 8,5$ M
2016-2017 NYR 57 31 20 4 2.64 2 0.91 8,5$ M

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Nombre de réponse : 1
#110064

mat.para
Les enchères ne font que monter année après année et les comparatifs versus la production font que des joueurs de 60 points touchent le jackpot ! Excellent article très complet !!

15.Septembre.2016 - 15:29   
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