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Publié par mat.para  -  13.Mars.2017 - 03:24
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Chronique vintage | Éric Chouinard, ce joueur qui connait une brillante carrière...sauf dans la LNH

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Photo par Matthieu Riegler ©
Cet ancien choix de première ronde du Canadien de Montréal avait tout pour réussir dans la LNH. En effet, son incroyable passage chez les Remparts de Québec le place actuellement chez les immortels de ce club junior avec deux saisons de plus de 100 points, affichant au final un total de 296 points en trois campagnes. Toutefois, malgré les prouesses dont il nous a habitués sur la patinoire en compagnie de Simon Gagné, il ne fut jamais en mesure de percer l'alignement d'un club du circuit Bettman malgré les nombreuses organisations qui l'ont accueilli sous son toit.

De retour à Québec

Après avoir obtenu sa première chance au sein de l'alignement du Canadien, c'est un mur qu'il frappe alors qu'il y est limité à 13 parties dans le grand club. Passant la majorité de la campagne chez les Citadelles de Québec, il y connait néanmoins un certain succès dans le même aréna qui l'a accueilli dans son junior. Toutefois, les attentes étaient bien différentes à son égard. Étiqueté comme la «superstar» chez les Diables rouges, il portait désormais le fardeau de «sauveur de l'offensive» dans l'organisation du Canadien. Des attentes qui ne furent en aucun cas remplies par l'attaquant natif d'Atlanta.

Lors de sa deuxième saison chez les professionnels, Chouinard stagne avec les Citadelles et malgré une production de 42 points en 65 rencontres, le Canadien ne daigne pas lui faire signe de vie. Dès lors, on commence à jaser sur un possible «flop» que pourrait représenter l'ancienne gloire des Remparts. De tels jugements ne semblent pas avoir affectés le principal intéressé sur le coup, selon ce qu'il explique dans une entrevue avec Éric Leblanc du réseau RDS:

«Ce fut un moment très spécial d’être repêché et j’étais très heureux que ce soit par Montréal, j’en étais fier. Mais, comme les gens le savent, ça n’a pas fonctionné pour moi avec le Canadien. Ceci dit, j’ai vécu de belles expériences et ça m’a permis de réaliser mon rêve de jouer dans la LNH.»

Toutefois, il ajoute «qu'il en avait plein son casque de voir les décomptes des pires joueurs repêchés par le Canadien» et que son nom revenait constamment. Or, il a appris, avec le temps, à voir le positif que la vie lui donne et de passer outre ces jugements faciles. Il est évident qu'une telle déroute d'un joueur si prometteur peut soulever la colère des partisans envers l'organisation qui a jeté son dévolu sur lui plutôt que sur son coéquipier des Remparts, Simon Gagné.

Une tentative échouée de renouer avec Gagné

Le 29 janvier 2003, l'organisation du Canadien jette la serviette dans l'espoir de voir Chouinard percer au sein de l'alignement. Ce sont les Flyers qui se portent garants du développement et de l'avenir de l'attaquant qui en a déçu plus d'un à Montréal. À l'époque, Bobby Clarke, directeur général des Flyers, croyait bon de ne donner qu'un choix de deuxième ronde (Maxime Lapierre) au Canadien afin de jumeler le duo Gagné-Chouinard à nouveau. L'expérience fut de courte durée, puisque Gagné a raté plusieurs parties lors de cette campagne en raison de blessures à l'aine et le rendement de Chouinard laissait à désirer de nouveau. En effet, l'attaquant a été limité à huit points en 28 rencontres avec sa nouvelle équipe.

C'est donc sans surprise qu'il subit un nouvel échec en étant retranché aux Grizzlies de l'Utah dans la LAH. Une production de 24 points en 32 rencontres permettait de garder espoir, mais de plus en plus, Éric Chouinard portait le titre de joueur LAH seulement. À l'exception d'un seul petit match avec les Phantoms de Philadelphie, il passe la totalité de la saison suivante (2003-2004) dans la LNH. Cependant, c'est au tour des Flyers de jeter la serviette après une production anémique de trois points en 17 rencontres dans le grand club. Il est de nouveau échangé contre un choix au repêchage, un cinquième tour cette fois. Chouinard prend donc le chemin du Minnesota avec la réputation d'un joueur uniquement en mesure de joueur dans les mineurs.

Un court passage au Minnesota puis la découverte de l'Europe

Il conclut donc la campagne 2003-2004 dans le maillot du Wild sans être rétrogradé dans la LAH. En 31 matchs, il ne cumule que sept maigres points. L'année suivante est malheureusement frappée d'un lock-out et c'est là que la carrière d'Éric Chouinard prend un tout autre tournant. En effet, il se dirige en Autriche pour jouer avec le Salzburg EC. Il y connait un franc succès avec 10 points en 16 parties. La découverte du hockey au style européen aura laissé une marque profonde dans la tête de Chouinard pour les années à suivre. Malgré tout, il doit toujours honorer son contrat et au retour du lock-out, il se rapporte à nouveau en Amérique du Nord.

Il ne débute toutefois pas la saison 2005 avec le Wild, signant un contrat avec les Flyers. De retour dans l'organisation de Philadelphie, il n'endosse le gilet du grand club qu'à une seule reprise, jouant le reste du temps chez les Phantoms. Il est ensuite échangé aux Coyotes contre Kiel McLeod et c'est ainsi que Chouinard conclut son parcours professionnel en terrain américain. Avec le club-école des Coyotes, le Rampage de San Antonio à l'époque, il comptabilise 20 points en 47 rencontres. On ne reverra plus jamais cette ancienne gloire des Remparts, compteur de plus de 100 points lors de deux saisons et ancien choix de première ronde dans une équipe professionnelle nord-américaine.

Sa vraie carrière: en Europe

Son parcours en 2004-2005 ayant été une réussite, il se joint aux Tigers de Straubing dans la ligue DEL, en Allemagne. Avec 23 points en 27 rencontres, il se décroche rapidement une invitation pour se joindre au Sierre HC dans la Ligue nationale B en Suisse pour la fin de la campagne. Pour les deux saisons suivantes, il retourne à Straubing où il y devient la tête d'affiche principale. Meilleur compteur de l'équipe en 2007-2008 (52 points), il joue notamment en compagnie de l'ancien homme fort des Penguins de Pittsburgh, Éric Meloche.

À partir de la saison 2009 jusqu'en 2013, il s'aligne toujours dans la DEl, cette fois dans l'uniforme du Nuermberg Thomas Sabo Ice Tigers. Sa production offensive se maintient encore tout près d’un point par match avant de tenter sa chance dans la KHL l'année suivante. L'expérience fut très éphémère puisque l'attaquant n'y joue que huit rencontres, sans récolter de point au sein du Dynamo de Minsk. Il retourne ensuite dans l'Ouest de l'Europe, à Grenoble cette fois. Depuis 2014, il revêtit les couleurs de l'équipe des Brûleurs de Loups de Grenoble dans la ligue Magnus et connait un succès foudroyant encore à l'âge de 36 ans. Sa moyenne de points a explosé depuis son arrivée en sol français et cette année, il cumule déjà 57 points en 44 rencontres.

Chacun sa carrière

Il est évident qu'il est décevant de voir que le potentiel de Chouinard fut complètement éteint pour on ne sait quelle raison. Toutefois, l'athlète ne s'est pas laissé abattre, poursuivant toujours son rêve de jouer au hockey de façon compétitive. Certes, la LNH aura fermé ses portes au visage de Chouinard de façon plutôt abrupte, mais une autre carrière l'attendait sur l'autre Continent. Comme il l'explique à Roby St-Gelais de TVA Sports, c'est même Richard Martel qui l'a poussé à se diriger vers le hockey français. Entraîneur de l'équipe de Grenoble en 2013, Martel l'a d'ailleurs accueilli en lui octroyant le «C» sur son chandail.

Stipulant à Roby St-Gelais «qu'il était plus facile pour la famille qu'il joue en France et non en Allemagne», Chouinard est bien conscient qu'il ne lui reste plus que quelques années à chérir le sport qu'il pratique depuis des lunes. Au final, il gardera toujours l'étiquette de «joueur bon partout, sauf dans la LNH», mais le principal intéressé ne s'en fait point avec cela. À 36 ans, il joue encore dans un niveau de hockey professionnel peut-être moindre que celui de la LNH ou de la KHL, mais il conserve la flamme à chaque match, ce qu'on ne ressentait plus à son arrivée dans le circuit Bettman en comparaison de son temps avec les Remparts.



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