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Publié par pascal96  -  17.Juillet.2021 - 09:37
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Repêchage 2021 | Top 32 des meilleurs espoirs selon notre nouveau collaborateur chez TSLH Espoirs

Une collaboration de Simon St-Laurent. Pour le suivre sur Twitter: @19simon19

Comme chaque année, mon classement se limitera à un top-32, une poignée de joueurs que j’aime pour les rondes subséquentes ainsi que des justifications sur l’exclusion de certains joueurs présentés presque unanimement comme choix de première ronde par la majorité des observateurs.

Brève analyse globale de la cuvée 2021 : En toute franchise, ce repêchage ne m’emballe vraiment pas. J’irais même jusqu’à dire que c’est le repêchage qui me plaît le moins depuis que je couvre ceux-ci.

Le repêchage de 2021 ne possède pas d’espoirs franchise au sommet et a une profondeur très limitée pour ce qui est de la première ronde. Cela n’implique pas qu’il n’y a pas de bons joueurs, seulement que les joueurs se retrouvent, pour la forte majorité, à un rang qui n’est pas réellement représentatif de leur juste valeur.

Personnellement, je dirais que je compte au maximum de 20 joueurs que je considère digne d’un choix de première ronde. Et Spoiler-Alert, ce ne sont pas les 20 premiers sur ma liste.

Comme je viens de le mentionner, j’ai un fort nombre de joueurs classés à des rangs qui semblent hauts et bien que ce soit des joueurs que j’aime bien, ce ne sont pas nécessairement des joueurs sur lesquels je veux faire un ‘Statement’ comme je l’ai fait par le passé (Jason Robertson 15e en 2017, Grigori Denisenko 7e en 2018, Samuel Poulin 14e, Vladislav Kolyachonok 15e et Nick Robertson 16e en 2019 ou encore JJ Peterka 16e, Tristen Robins 20e et Ozzy Wiesblatt 22e l’an dernier). J’ai moi-même fait le saut lorsque j’ai vu le rang auquel figuraient certains joueurs dans mon classement. Pas nécessairement, car ce sont des joueurs qu’on ne retrouve pas aussi haut dans les autres listes, ça, je n’y accorde pas d’importance, mais plus, car l’implication que représente le fait de quitter le repêchage avec ces joueurs à ces rangs-là ne semble pas optimal.
Faire une liste de 1 à 32 comporte ses limites, c’est là que les justifications raccordées à certains rangs sont importantes. J’ai certains joueurs que je ne me risquerais pas à prendre à moins d’avoir 2 choix de première ronde (ou quelques-uns en début de 2e) ou d’avoir une banque d’espoirs profonde sans regorger de potentiel coup de circuit.

J’ai longtemps défendu la philosophie de prendre le meilleur joueur disponible advienne que pourra, mais plus que j’analysais cette cuvée, plus que j’entrevoyais différents scénarios selon lesquels mon choix diffèrerait.

Je ne m’opposerais pas non plus à échanger un ou certains de mes choix si je juge l’offre intéressante.

Ce qui m’intéresse quand je regarde une liste n’est pas de voir des noms accolés à côté d’un rang. Ce qui m’intéresse c’est de savoir qui sont les joueurs pour qui, en tant que recruteur, vous seriez prêt à mettre votre poing sur la table pour vendre votre sélection à votre patron. Je compte peu de ces joueurs cette année et il y a beaucoup de risque que ces joueurs soient pris à un rang un peu hâtif.

Certains trouveront que c’est malhonnête un peu de classer des joueurs à des rangs auxquels je ne serais pas prêt à assumer les risques, mais ainsi est le repêchage de 2021.

Et c’est là qu’un recruteur peut faire part de ruse et décider de miser sur plus de choix en reculant au repêchage. Certains me diront que ce n’est pas monnaie courante dans la LNH, mais les Flames de Calgary l’ont fait à deux reprises avec leur choix de première ronde l’an dernier.

Cela dit, j’ai toujours cru qu’au final, la plupart des repêchages terminent par se ressembler et il ne faut pas écarter la possibilité que des joueurs vont surperformer relativement à leur rang de sélection. Une équipe qui a des sélections entre 30 et 40 pourrait ressortir avec des joueurs intéressants.

Les quatre premiers joueurs de mon classement forment un regroupement parmi lequel je serais prêt à accepter des arguments pour chacun des joueurs qui le composent

1. Luke Hughes :
Je dois avouer que j’ai moi-même été un peu surpris lorsque j’ai vu une réelle possibilité de classer Hughes premier puisque je ne l’avais jamais vraiment considéré comme prétendant au titre avant le mois de mai, ce qui se voulait être mes visionnements du mois de mars de Hughes.

Même s’il a toujours figuré assez haut dans mon classement (top 5) ça m’a pris un peu de temps pour réellement l’apprécier ; souvent, en début de saison, je n’observais que quelques flashs par matchs, et à plusieurs reprises, c’était lorsque l’issu du match était déjà scellé. Je ne savais jamais à quoi m’attendre et pas dans le sens qu’il pouvait être excellent un match et moyen le suivant, ou qu’il y avait des inconstances de présence en présence, mais plutôt, car j’avais de la difficulté à cerner quelle était son identité,
contrairement à Jake Sanderson l’an dernier qui était le défenseur numéro un du programme de développement des États-Unis.

Une de ces raisons est que Hughes a beaucoup évolué avec Sean Behrens plus tôt dans l’année et que ce dernier est lui aussi un défenseur porté sur l’offensive alors Hughes se devait de jouer le rôle d’ancre défensive et rester un peu plus en retrait.

Souvent il semblait aborder les matchs comme si ceux-ci étaient des pratiques et des opportunités de travailler sur des aspects à peaufiner dans son jeu plutôt que d’en profiter pour démontrer l’étendue de son talent.

Dans son cas j’attendais beaucoup les matchs contre formation de la NCAA (ce qui n’a pas eu lieu en raison de la Covid) ainsi que les tournois internationaux. Il n’y aura finalement pas eu de tournoi des 5-Nations et Hughes ne put prendre part au moins des 18 ans en raison d’une blessure.

En dépit de cela, plus la saison avançait, plus il commençait à jouer à la hauteur de son talent et il me força la main.

La première chose qui m’a sauté les yeux en voyant Hughes jouer est à quel point il est imposant, surtout lorsqu’on compare avec ses frères. Mesurant 6’2 Hughes est aussi une présence rassurante en défensive, déjà tôt dans la saison, il n’avait pas énormément de polissage à faire de ce côté.

Lorsqu’on parle de la famille Hughes, instinctivement on pense au coup de patin, pour Luke, il a lui aussi hérité de formidable qualité dans ce département, mais il n’est pas autant agile que ses frères, à quelques reprises ses pivots furent un peu lents. Sa vitesse de pointe est remarquable cependant. J’étais moins en amour avec lui en début de saison, car il transportait moins la rondelle, préférant y aller de relances par le biais de passes, le fait de jouer avec Behrens lui nuisait aussi à ce niveau. Cela dit, ses relances sont excellentes et il peut y aller de longues passes précises, même de son revers.

Son jeu en avantage numérique m’a dès le départ fortement impressionné. La forte majorité des joueurs éligibles pour les deux premières rondes (à l’exception de ceux évoluant avec les adultes) évoluent sur les unités spéciales, mais ce ne sont pas pour autant de bons joueurs lors de ces situations. Pour ce qui est de Hughes j’ai rapidement vu un passeur doté d’une intelligence que je n’avais vu que chez très peu de défenseurs de son âge. La plupart des joueurs se contentent de passer la rondelle aux joueurs sur les ‘half-wall’ sans trop rien forcer n’y sans rien créer, Hughes y va de passes très précises à un coéquipier placé à l’intérieur de la boite défensive du désavantage numérique adverse, sans compter comment il peut faire bouger la boite avec son patin. Il prend suffisamment de tir au filet, mais son tir représente un aspect qu’il pourrait améliorer.
Il possède d’excellentes mains et tout un arsenal de feintes qu’il se sert le plus régulièrement à la ligne bleue offensive, ce qui m’a tout de suite évoqué un certain Rasmus Dahlin.

Même alors que je n’étais pas encore complètement vendu, je le comparais à Owen Power et je voyais plus de potentiel en Hughes ; il n’est pas vraiment désavantagé au niveau du gabarit, pour certain les 6’5 de Power peuvent faire pencher la balance, mais de sa façon de s’en servir, je ne vois pas ce que ça lui prolifère de plus, Power n’est pas du genre à punir ses adversaires et Hughes se sert tout aussi bien de son bâton et a de bonnes couvertures défensives. Hughes est un meilleur patineur et a de meilleures mains. Il est aussi presque un an plus jeune, en fait, Hughes est l’un des plus jeunes joueurs de sa cuvée, n’étant qu’à quelques jours d’être du repêchage de 2022. Les deux seront coéquipiers ensemble l’an prochain au Michigan

Nombre de visionnements : 24

2. Matthew Beniers :
Peut-être une légère surprise de voir Beniers devant Power. Les gens pourraient être plus portés de prendre le défenseur de 6’5, mais dans la grande majorité des matchs de Michigan cette saison, Beniers était le joueur ayant le plus gros impact sur la glace, et pas seulement entre ces deux joueurs, mais des deux équipes qui s’affrontaient. L’impact qu’il a en défensive comme joueur de centre est tout aussi important que celle d’un pilier à la ligne bleue et je ne crois pas que le jeu offensif de Power est suffisant pour combler le reste de l’Impact que Beniers a sur toutes les facettes du jeu, y compris la transition, les sorties et les entrées de zone, les mises aux jeux, etc.

Beaucoup de ses atouts en zone offensive reposent quand il se retrouve en bas de la ligne des buts; il est excellent de cet endroit pour repérer ses coéquipiers, il peut également attaquer le filet lorsqu’il se retrouve à l’embouchure avec sa rapidité et sa ténacité. Il attaque également le filet alors qu’il est en pleine vitesse et qu’il vient de déborder un défenseur. Il est sans l’ombre d’un doute l’un des meilleurs patineurs de ce repêchage.
Outre que son éthique de travail irréprochable et sa vitesse, sa conscience (Awareness) ne trouve d’égal dans cette cuvée; il sait toujours où la rondelle va être, il est toujours le premier à arriver en support à un coéquipier, peu importe la situation, il est toujours le premier en récupération de rondelle, etc. Ce n’est jamais un hasard lorsqu’un joueur est toujours près du disque, généralement c’est signe d’un remarquable sens du jeu.
Honnêtement, ça m’a un peu surpris de voir que c’était presque unanime de voir Beniers devant Johnson. En ce qui me concerne, il n’y a jamais eu matière à débat.
Gros centre très rapide qui peut hériter des missions défensives, il excelle en transition et beaucoup de son offensive provient d’en bas de la ligne des buts, son style se compare à celui de Jonathan Toews.

Il est peut-être déjà plus près de son plafond que plusieurs autres joueurs, mais c’est l’une des rares valeurs sûres dans ce repêchage.

Je le vois avoir un impact similaire à celle de Dylan Larkin.

Nombre de visionnements : 16

3. Owen Power :
Il n’y a eu qu’au mois de décembre où j’ai eu Power au premier rang, et cela n’est pas un affront au joueur, loin de là.

Offensivement, il a une excellente vision en zone offensive et peut faire des passes très précises. Il a la confiance de quitter sa position de défenseur et d’appuyer l’attaque. Il montre de belles choses, mais je n’ai pas été en mesure de revoir le même aplomb offensif que je voyais l’an dernier avec le Steels de Chicago dans la USHL.

Il n’a pas la fluidité et les habiletés offensives de Hughes et Edvinsson cependant je trouverais réducteur de croire que l’impact offensif de Power se limite seulement à partir de la ligne bleue adverse. L’offensive part souvent de la défense, c’est ce qu’on enseigne aux jeunes attaquants axés sur l’offensive et Power ne pourrait pas mieux illustrer ce concept. C’est incroyable comment chaque fois qu’il est sur la glace, il s’empare de la rondelle et effectue une relance efficace sans fanfare, et ce peu importe les circonstances, même avec une ou deux attaquants en échec avant sur lui, il les essuie d’une facilité déconcertante avec son gabarit, laisse le jeu s’ouvrir et remet à un coéquipier qui complète la sortie de zone, tout ça au lieu de succomber à la pression et de dégager la rondelle par la baie vitrée. Le jeu part toujours de lui.

Toujours dans le volet offensif, il a un excellent ‘Hockey-IQ’ qui lui permet d’être sur la même page que les joueurs offensifs de Michigan. C’est un aspect qu’on néglige beaucoup quand on parle d’offensive, mais ce n’est pas un prérequis d’être un joueur sexy avec la rondelle pour être un bon joueur offensif. On n’a qu’à regarder les ailiers qui ont eu du succès avec Crosby au fil de sa carrière, il y a l’aspect chimie et complémentarité, oui, mais il faut tout de même arriver à suivre ces joueurs et Power démontre ces signes d’intelligence nécessaires.

Power fait rarement un mauvais jeu avec la rondelle. Il a un excellent sens de l’anticipation, sans la rondelle défensivement il reconnait très bien quand sont les bons moments pour ‘pincher’. Et offensivement il reconnait bien les moments pour s’aventurer plus profondément pour donner une option de passe.

Sa vitesse ainsi que son jeu de pied sont bons, mais n’entrent pas dans la catégorie supérieure à mes yeux.

L’une des choses que Power se fait le plus reproché, et j’adhère fortement dans ce sens, est qu’il n’a pas un côté ‘méchant’ à son jeu.

C’est un atout important qu’il pourrait avoir à son gabarit. En deux ans, je ne l’ai jamais vu donner de grosses mises en échec. Cela dit, pour être équitable, il faut également mentionner que ce n’est pas le cas pour Hughes et Edvinsson aussi.
Ça va peut-être choquer plusieurs, mais si on me donnait le choix, je prendrais Jake Sanderson devant Power

Nombre de visionnements : 17

4. Simon Edvinsson
Défenseur très mobile de 6’4, Edvinsson fut le joueur qui a passé le plus de temps au sommet de mon classement cette saison.

Il est doté d’une superbe mobilité et d’excellentes mains, ce qui surprend un peu pour un défenseur de ce gabarit. Combinant ces attributs ensemble, cela fait de lui un défenseur qui peut faire des montées à l’emporte-pièce et qui peut aisément passer par le centre de la glace, quitte à devoir déjouer un ou deux joueurs au passage. Cela dit, il n’est pas autant rapide et efficace que Hughes dans ce département.

Il peut facilement sortir la rondelle des coins de patinoire et de sa zone avec son gabarit, sa longue portée, ses mains et son sang-froid. Ses relances n’étaient pas toujours précises en début de saison, ce qui s’est amélioré pendant l’année.

Il est un meilleur patineur que Power et couvre plus d’espace que lui sur la glace, surtout latéralement lorsqu’il est en mouvement, il a aussi de meilleures mains, mais sa vision de jeu n’est pas autant bien développée par contre.

En avantage numérique il n’a pas un gros tir ce qui limite un peu son potentiel, mais il est en mesure de distribuer la rondelle aussi aisément du revers que de son côté fort.
Le plus gros défaut de Edvinsson pendant la saison fut son manque de ‘Awareness’. C’est-à-dire qu’il ne réalise pas toujours où sont situés ses adversaires par rapport à lui sur la glace. Son timing pour quitter sa position fut également discutable à plusieurs moments. En zone offensive il joue très, très profondément pour un défenseur, aussi bas qu’à l’intérieur des cercles de mise en jeu.

Il a quand même relativement beaucoup de polissage à faire pour un aussi haut choix.

Quelque chose comme le positionnement peut se corriger assez facilement, mais les problèmes d’Awareness, de lecture de jeu et de gestion de risque font mention de Hockey-IQ (ou d’intelligence) alors c’est un peu plus inquiétant. Une autre chose que je n’aime pas aussi est que défensivement il est plutôt passif avec son bâton, ce qui fait que les bons tireurs peuvent exploiter cela et se servir de lui comme écran.

Cela dit, ce que je lui reprochais le plus a semblé être corrigé en très grande partie lors du tournoi U-18, même en Allsvenskan cet hiver il y avait eu des améliorations à ce niveau ce qui démontre une progression et Edvinsson couvre tellement d’espace avec son patin et son gabarit qu’à son sommet, il pourrait être monstrueux.

Nombre de visionnements : 31

5. William Eklund
Eklund est un peu dans une catégorie à lui tout seul au 5e échelon de mon classement.
Il est l’un des meilleurs patineurs du repêchage. Il est tellement évasif et vif. Il utilise des spinorama à profusion dans toutes les situations et ça lui sert très bien. Il est vraiment dynamique et il y a beaucoup de parallèles à faire avec Beniers avec sa fougue, sa rapidité et son jeu en transition lorsqu’Il transporte la rondelle.

L’habileté à protéger la rondelle est à mes yeux une habileté au même titre que le contrôle de celle-ci, le tir ou le patin. Et cette habileté ne dépend pas seulement du facteur physique comme on pourrait le croire, à titre d’exemple Pavel Datsyuk est l’un des meilleurs joueurs que j’ai vu en protection de rondelle et ce n’était pas un gros joueur (ce serait malhonnête d’utiliser Crosby comme exemple pour un gabarit similaire, car ce dernier a des troncs d’arbre comme jambes et il est dans une classe à part) Même les jumeaux Sedin en sont un bon exemple, ils avaient beau mesurer 6’02, ils étaient plutôt frêles et excellaient le long des bandes pour protéger la rondelle. Eklund excelle autant dans ce département entre autres par son coup de patin et son agilité, mais aussi, car il sait comment utiliser son corps à son avantage, en abaissant son centre de gravité et en sortant ses fesses. Il n’a pas peur d’attaquer le filet également.

Il patine très bas et possède une très belle vision de jeu, étant avant tout un fabricant de jeu, il est un excellent passeur qui utilise toute la largeur de la patinoire.

Il patine, pense et exécute rapidement, ce qui démontre toujours un ‘Hockey-IQ’ très élevé lorsqu’un joueur pense et réagit rapidement. Il y a eu plusieurs exemples par le passé de joueur que le cerveau ne suivît pas les mains ou les pieds (Nail Yakupov).

Lorsque son coéquipier avec Djurgardens, Alexander Holtz, était au Championnat du monde junior, Eklund avait pris son emplacement à la pointe gauche lors des avantages numériques (étant gaucher il n’est pas en position de tirer sur réception) et je l’avais bien aimé, même s’il ne possède pas un gros tir, il était très vif à exploiter les espaces libres pour s’avancer et être dans une position plus dangereuse. Avec son coup de patin qu’on lui connait, et sans aucune hésitation, il ne laissait pas le temps à la couverture défensive de réagir.

Il excelle en transition et beaucoup de l’offensive part de lui, car c’est souvent lui qui apporte le disque en territoire ennemi. Il contrôle très bien le jeu le long des bandes, mais j’aimerais le voir diversifier son arsenal offensif un peu plus en attaquant plus souvent le centre de la glace (il n’est pas un joueur de périphérie pour autant). Fut des moments où j’avais l’impression qu’il ne créait pas beaucoup de choses offensivement autres qu’avec son agilité sur patin, cela dit, il faut rappeler qu’il n’a pas joué contre des joueurs de son groupe d’âge cette année.

Comme que la ligne peut être très mince entre ce qui est considéré comme un bon joueur de premier trio ou un excellent joueur de deuxième trio et que ça révèle souvent plus de circonstances et de subjectivité je préfère me limiter à dire que Eklund sera un bon joueur de top 6.

Nombre de visionnements : 24

6. Mason MacTavish
Gros joueur de centre très fort physiquement, MacTavish excelle en protection de rondelle, tant dans les coins et derrière le filet, tant que lorsqu’il est en pleine vitesse et qu’on le met en échec, il a la force physique et l’équilibre pour garder position et être en mesure de tout de même réaliser ses jeux, ou voire, de ne pas perdre de vitesse du tout.
Sa vitesse est d’ailleurs quelque chose qu’il a amélioré par rapport à l’an dernier, étant plus rapide et surtout plus agile.

Sur la rondelle, il est extrêmement fort et je ne fais pas référence à sa force physique, mais plutôt au poids qu’il met sur son bâton. À mes yeux cela fait aussi parti de l’habileté de protection de rondelle. Il y a la dimension physique, évidemment, mais également la dimension habileté et intelligence. C’est un art que peu de joueurs possèdent, mais il faut placer la rondelle à un endroit que les défenseurs ne peuvent atteindre avec leur bâton. Vasili Podkolzin excellait dans cette facette à son année de repêchage, et dans la LNH on peut penser à un gars comme Brad Marchand où il place la rondelle plus près de ses patins ce qui restreint l’accès du bâton des défenseurs adverses. Ça demande plus d’habiletés qu’on le pense. Un exemple supplémentaire comme quoi qu’être talentueux, ça va bien au-delà d’être spectaculaire. Il y a des habiletés de junior et des habiletés de la LNH et MacTavish a des habiletés de la LNH.

Parlant de sa force physique et de sa force sur son bâton, MacTavish est un véritable poison en avantage numérique. Il va se blottir dans la boite défensive de l’équipe adverse, près du filet, et à cet endroit il est indélogeable, rien de moins. Si la rondelle lui parvient, avec les éléments que j’ai mentionnés plus tôt, impossible de lui soutirer la rondelle et il dégaine très, très rapidement d’un tir létal.

Ce n’est pas un fabricant de jeux spectaculaires, mais il fait les jeux simples et efficaces, démontrant d’une maturité et d’une intelligence et il fait progresser le jeu vers l’avant pour son équipe et il est facile à lire pour ses coéquipiers.

Ça arrive régulièrement que les joueurs d’âge junior évoluent à des positions à laquelle ils n’évolueront pas dans la LNH. Il y a un nombre important de joueurs de centre dans le junior qui n’auront d’autres choix que de devenir des ailiers dans la LNH. Dans le cas de MacTavish, je crois qu’il pourra faire une transition réussie dans la LNH. Il joue beaucoup mieux la position de centre que Cole Sillinger.

MacTavish me fait penser à Brock Nelson , un gros joueur de centre difficile à contenir doté d’un tir des poignets excessivement lourd qui peut marquer 30 buts. J’envisage cependant MacTavish comme étant supérieur au joueur des Islanders.

Nombre de visionnements : 10

7. Matt Coronato
On peut parler d’une première surprise d’envergure ici.
Ce qui démarque Coronato des joueurs qu’il devance est son hockey IQ offensif inégalé. C’est probablement l’habileté la plus dure à définir et à déceler chez un joueur; pour moi cela ce définit par la capacité à effectuer les bons jeux en fonction de la situation et Coronato le fait très bien, il tempère le jeu lorsque c’est le temps et il y va de fortes poussées offensives au bon moment, le sens de l’anticipation (Coronato en a un excellent), à savoir exploiter les failles chez les joueurs des autres équipes ainsi qu’en leur système de jeu, de reconnaître les endroits libres sur la glace, tant pour se démarquer que pour placer la rondelle dans un endroit accessible pour ses coéquipiers et également en reconnaissant ses propres forces et faiblesses.

Pour agrémenter le tout, Coronato a un fort désir d’être le meilleur joueur sur la glace à chaque match et de s’améliorer.

Ce n’est pas aussi sexy que les attributs d’autres joueurs comme le tir et la robustesse de Sillinger, le gabarit et le tir de Guenther, le patin et les mains de Lysell, mais c’est la qualité qui prime pour avoir du succès dans la LNH et je considère que Coronato supplante par une forte marge les autres joueurs dans ce département. Même son coéquipier Samoskevich est possiblement plus talentueux que lui, mais les jeux de Coronato aboutissent beaucoup plus souvent à quelque chose, généralement un tir au but ou une chance de marquer.

Il est doté d’un très bon coup de patin qui, sans être au niveau des Beniers, Eklund et Lysell, compense par une éthique de travail sans égal. Il utilise son patin pour toujours pousser le rythme et le tempo du match, il possède également la capacité de pouvoir couper de l’aile au centre tout en conservant toute sa vitesse et donner du fil à retorde au défenseur, il aime bien contourner la zone offensive alors qu’il est en possession de la rondelle.

Sans celle-ci, son positionnement en zone défensive est irréprochable, en échec avant il ne se sert pas beaucoup de son corps, ne donnant pas de mise en échec, mais il ne faut pas se méprendre, Coronato est extrêmement compétitif et a un très bon bâton.

Jusqu’au mois de décembre j’étais un peu sceptique face à la décision de faire jouer Samoskevich dans le ‘bumper’ ou en haut entre les deux cercles en avantage numérique et laisser Coronato contrôler le jeu sur le ‘half-wall’ gauche, car je trouvais que ça enlevait la créativité offensive de Samosekevich et que Coronato était meilleur près du filet pour récupérer les rondelles libres, mais j’ai fini par comprendre pourquoi; Coronato peut faire de très bonnes passes à travers la boîte défensive, il possède un très bon tir sur réception et il est très incisif et convaincant avec la rondelle, il n’hésite jamais et bouge la rondelle rapidement, il est excellent pour orchestrer une attaque collective.

Coronato peut également jouer au centre, là où il a passé la majeure partie de la 2e moitié de saison.

Les comparaisons avec les joueurs de la LNH ont toujours été un sujet un peu délicat, parfois un joueur à des caractéristiques similaires ou un style s’apparentant à un joueur sans que son potentiel s’y en approche, mais dans le cas de Coronato, je vois une copie de Jonathan Marchessault, tant en termes de style qu’en termes de potentiel.

Je faisais mention dans mon introduction des joueurs pour qui je mettrais mon poing sur la table et Coronato figure au sommet de cette liste. J’ai écouté trop de matchs où il était simplement à la fois le meilleur joueur sur la glace et à la fois la bougie d’allumage de son équipe. Je ne l’ai jamais vu prendre une présence de congé.

Nombre de visionnements : 29

8. Cole Sillinger
Puisqu’il a été blessé l’hiver dernier en WHL, je n’avais pas un réellement de portrait de Sillinger, j’ai alors été assez surpris de voir à quel point il est un joueur abrasif. À mes yeux, je n’hésiterais même pas à dire qu’il est le joueur le plus physique de ce repêchage, du moins, pour ce qui est des espoirs de haut calibre. Il est déjà à maturité physiquement parlant, il initie beaucoup de contact et il maitrise l’art du ‘Reverse-Hit’ popularisé à l’époque par Peter Forsberg et étant utilisé à merveille aujourd’hui par TJ Oshie et Filip Forsberg.

Son niveau d’intensité est très appréciable, il est très travaillant en poursuite de rondelle et en échec avant. Toujours en mouvement, il peut couvrir beaucoup d’espace sur la glace lors de ses couvertures défensives.

Sillinger représente quand même un cas difficile à évaluer, d’un côté il possède énormément de ‘flash’ et c’est facile d’être séduit par l’attrait de son gabarit, de sa robustesse et de son tir (qui est sans équivoque le meilleur de ce repêchage), mais à l’intérieur de chacune de ses habiletés individuelles, on retrouve des défauts techniques qui ne sont pas à négliger.

En premier lieu, son patin est un cas curieux, il y a beaucoup de fautes techniques qui ressortent ; ses talons quittent beaucoup la glace, ce qui ralentit sa cadence d’enjambée et diminue son économie de mouvement, son tronc est trop vertical et par moment ses épaules bougent beaucoup trop, aussi, sa drôle de posture semble lui occasionnée des troubles d’équilibres, cela dit, sa vitesse est suffisante, même qu’à certains moments, il avait l’air dynamique. En termes de vitesse, je ne crois pas que ce soit une faiblesse qui est majeure, mais ça représente une, sinon la principale raison pourquoi je le vois à l’aile et non au centre dans la LNH.

Comme dit précédemment, il a, à mes yeux, le meilleur tir de ce repêchage, mais par moment je doutais un peu de sa capacité à repérer les endroits libres sur la glace à forces égales. Cela dit, c’est peut-être un peu sévère comme critique, car Sillinger est loin d’être un joueur unidimensionnel et il apporte beaucoup plus que son tir.

Il a de très bonnes mains sans nécessairement être un joueur qui va manœuvrer en espace restreint et créer une chance à partir de rien en tricotant.

Lors des avantages numériques, il a démontré de très bons flashs de fabricant de jeux à l’occasion, et ce du haut des cercles tant à gauche qu’à droite. Ce qui est un peu surprenant, car on aurait porté de croire que lors de telles situations, c’est son tir qu’on lui aurait permis d’exploiter.

Après avoir joué ses premiers matchs en tant qu’ailier, il a fini la majeure partie de sa saison employée comme joueur de centre et à mes yeux c’est une erreur. Comme j’en faisais mention plus tôt, son coup de patin n’est pas suffisant pour occuper un tel rôle dans la LNH (surtout pour transporter la rondelle en zone neutre) et c’est surtout que cette position dénature complètement son jeu. Sillinger est à son meilleur lorsqu’il travaille sans relâche en échec avant et en poursuite de rondelle, qu’il se sert de son physique et frappe durement et qu’il cherche à se démarquer pour utiliser son tir. Lorsqu’Il joue au centre il essaie de jouer de façon plus cérébrale, il reste en retrait plutôt que de faire de l’échec avant et il tente de contrôler le jeu. Même s’il montre certains flashs de fabricant de jeux ici et là, ce n’est pas nécessairement le genre de joueur qui rend les autres autour de lui meilleurs.

Comme comparable dans la LNH, Sillinger pourrait devenir un jeune ailier costaud et robuste qui dérange beaucoup en échec avant et qui marque 30 buts, dans le moule un peu de Jake Debrusk (avec un bien meilleur tir).

Le contingent 9 à 12 est un peu frustrant. Ce regroupement de joueurs a des qualités indéniables et ils se projettent bien à la LNH, mais ils montrent des défauts plutôt flagrants et qui les rendent surestimés. Ce ne sont pas des joueurs pour qui je pousserais une sélection dans le top 10. J’aurais aimé les classer plus bas sur ma liste, mais les joueurs qui les précèdent ont tous eux aussi des failles relativement majeures et n’ont pas un niveau de talent suffisamment élevé pour les faire passer devant.

Nombre de visionnements : 20

9. Dylan Guenther
Évoluant souvent sur le même trio que Jake Neighbours l’an dernier qui était un joueur que j’aimais beaucoup en début de saison, Guenther était un des espoirs 2021 que j’avais le plus vu l’an dernier. Guenther était consenti comme choix top 3 depuis le début de la saison.

Malgré une moyenne de 2 pts par match en 12 rencontres dans la WHL, je suis probablement un des seuls qui n’a pas été plus impressionné qu’il ne le faut par ses performances. Le mot ‘déception’ serait une hyperbole ici, je vais me réserver ce qualitatif pour son tournoi U-18.

Les aspects qui me dérangent que j’ai décelés dans son jeu en WHL (qui se sont reproduit au U-18 d’ailleurs) ne font pas en sorte que Guenther est un mauvais joueur, cependant, c’est suffisant pour me permettre de croire que Guenther n’est pas l’espoir prometteur que plusieurs voient (ou voyaient).

Dans les aspects positifs, Guenther est un ailier droit de 6’1 doté d’une excellente vitesse de pointe et d’un tir des ligues majeures. Il a suffisamment d’habiletés individuelles pour le voir comme attaquant top 6 dans la LNH.

Ce qui me refroidit sur Guenther est qu’en vertu de ce qu’il avait montré à 16 ans dans la WHL, nous étions en droit de nous attendre à ce qu’il soit complètement dominant en WHL, et même si c’est ce que les statistiques démontrent, Guenther n’était pas le joueur qui menait la charge la plupart des soirs. Lors de bien des matchs, je trouvais que Neighbours était le joueur qui prenait les choses en main.

Si je compare Guenther avec les autres attaquants à haut profil de ce repêchage, mis à part son tir sur réception, je ne suis pas en mesure de voir qu’est-ce qu’il fait mieux que les autres.

Il a de bonnes habiletés à un contre un, mais il joue avec un long bâton et ça l’empêche de manœuvrer en espace restreinte. Ça devient plus flagrant lorsque tu compares avec un gars comme William Eklund et Guenther n’a pas l’agilité du suédois également.

Il ne m’a pratiquement démontré aucun flash de fabricant de jeu de haute qualité pendant l’année, même sur l’avantage numérique je ne l’ai pas vu contrôler le jeu ou mettre la table pour ses coéquipiers, chose que j’ai vu Cole Sillinger faire assez régulièrement et ce dernier est loin d’être perçu comme un fabricant de jeu. À plusieurs reprises lors du tournoi U-18 je trouvais que son synchronisme n’était pas à point sur plusieurs de ses passes.

Ce n’est pas un joueur qui manque de hargne nécessairement, mais en zone offensive je le trouve trop passif à mon goût lorsqu’il n’a pas la rondelle. Lors de montée il va quand même foncer au filet pour faire reculer les défenseurs.

Lorsqu’il est en possession de rondelle, il y a de petits détails que je ne suis pas capable de passer sous le silence et qui me dérangent pour un espoir de ce calibre.

Premièrement je trouve qu’il manque de créativité offensive, chose dont j’ai un peu fait mention plus tôt.

Il ne diversifie pas beaucoup son jeu, il ne joue pas à différent ‘pace’ et il est très nord-sud. Il joue souvent en corridor et j’aimerais le voir attaquer le centre plus fréquemment.
Ceci étant dit, le plus gros reproche que je fais à Guenther est exactement le même que je faisais à Alexander Holtz l’an dernier et c’est sa sélection de tir. Tout particulièrement en avantage numérique. Il prend beaucoup trop de tir à des moments où il n’y a pas de trafic devant le filet, des tirs alors qu’il y a un défenseur en position pour le bloquer, des tirs où il aurait été mieux de faire circuler la rondelle à la place et des tirs de trop loin. À la longue il devient très prévisible et malgré la puissance de son lancer, ce n’est pas un marqueur exceptionnel qui peut se permettre cela.

Cela dit, tous les ‘défauts’ que j’ai mentionnés ne sont pas ce qu’on pourrait qualifier de drapeau rouge, Guenther se projette quand même bien dans la LNH seulement que je mets un hic aux projections et j’invite les gens à la prudence et de laisser tomber les attentes du début de saison et qui viennent avec le pedigree du joueur, je ne crois pas qu’on parle d’une future vedette, je le vois un peu plus comme un éventuel Patrick Sharp, ce qui est très bien en soi.

Nombre de visionnements : 13

10. Brandt Clarke
Ayant vu Clarke à plusieurs reprises l’an dernier lorsque je regardais Tyson Foerster, Clarke avait ce quelque chose de spécial pour un défenseur de 16 ans, il avait un ‘swag’ offensivement qui me rappelait un peu un certain Kris Letang. Je voyais certains défauts assez frappants, mais à l’âge qu’il avait, je n’en faisais pas vraiment fi et j’attendais son année de repêchage avant de juger plus sévèrement. Tout ça pour dire que j’anticipais que Clarke aurait pu atterrir très haut sur ma liste cette saison.

Cela dit, ça ne s’est pas passé du tout comme prévu. D’entrée de jeu, la OHL ne tenant pas de saison, Clarke s’est joint à une ligue obscure en Slovaquie

Dès le départ je n’ai vraiment pas aimé ce que j’ai vu.

Son patin était plutôt dur à évaluer, il montre une très bonne agilité lorsqu’il se déplace latéralement à la ligne bleue offensive en contrôle de la rondelle, mais à part ça, la vitesse de pointe est plutôt décevante et est moyenne au mieux. Il se faisait battre de vitesse et déborder assez régulièrement. Ce qui me dérange le plus avec son patin et ça fait partie des erreurs de l’an dernier dont j’ai parlé plus tôt c’est que Clarke arrête souvent de bouger ses pieds, tout particulièrement après qu’il aille fait un revirement.

En plus de ça, il joue sans trop d’urgences lors de ses replis défensifs, ce qui est plutôt frustrant à voir.

Son lancer des poignets est plutôt faible, il n’utilise jamais de lancer sur réception ce qui enlève une option dans son jeu et peut le rendre un peu plus prévisible (malgré le fait que bouger la rondelle en utilisant son intelligence est l’une de ses forces).

Ses mains n’ont rien d’exceptionnel et malgré quelques feintes dignes de mention en Slovaquie, le rythme des matchs de cette ligue et l’espace qu’il a sur la glace ne faisaient rien pour que je m’excite trop rapidement.

À l’image de Edvinsson, je trouvais qu’il choisissait mal ses moments pour s’avancer profondément en zone offensive pour appuyer ses attaquants et qu’il n’avait pas la conscience pour remarquer que ce n’était pas le moment et ça pouvait se résulter en surnombres de l’autre côté.

Dans sa zone en défensive et lors des désavantages numériques, ça lui arrivait souvent d’oublier les joueurs près du filet, allant plutôt s’aventurer sur le porteur du disque au half-wall.

Offensivement, en plus de tous les points mentionnés plus haut, je trouvais surtout qu’une des raisons pourquoi je n’aimais pas Clarke était que son jeu offensif ne m’excitait pas plus qu’il ne le faut. Il est à son meilleur lorsqu’il bouge latéralement à la ligne bleue et qu’il retarde son tir et fait circuler la rondelle usant son intelligence.

C’est une des limites d’épier des joueurs par vidéo, mais dans le cas de Clarke, on peut facilement voir tout son entrain sur la glace et son enthousiasme. Il semble aussi très vocal sur la glace et au banc. On ne peut pas lui reprocher de manquer de passion, mais cela peut aussi se résulter en mauvais langage non verbal sur glace, comme mentionné précédemment, surtout lorsqu’il fait des revirements.

J’essayais de rester quand même objectif et de ne pas être trop critique, car il y avait tout de même de fortes chances que le calibre et le ‘pace’ de cette ligue étaient responsables de bien des choses que je lui reprochais. Et il y aussi le fait que lorsque j’épie un joueur à haut profile comme Clarke, j’ai tendance à avoir un œil plus critique. C’est peut-être une de mes failles en tant qu’évaluateur, mais chaque année il y a des joueurs choisis dans le top 10 qui ne deviennent pas les joueurs escomptés et le manque de talent en est rarement la cause, alors on ne peut pas ignorer tous ces petits détails-là.

Honnêtement, après ces 9-10 matchs de Clarke en Slovaquie, je n’avais aucune idée où le classer, mais c’était plus près de 20 que de 10. Même que certaines fois je mettais ma liste à jour et j’omettais de le classer, préférant attendre de l’évaluer au tournoi U-18, sur une patinoire nord-américaine, dans un rythme de jeu plus rapide et face aux meilleurs de son âge.

J’ai été agréablement surpris de sa performance au U-18, mais pas pour les raisons que les gens seraient portés de croire.

Le jeu offensif de Clarke ne m’a pas ébloui, oui il s’est avéré un très bon distributeur de rondelle, mais c’était à s’attendre et je n’ai pas trouvé qu’il l’a fait à un niveau digne de tout le hype qu’on lui donnait. On parlait de son Corsi et de je-ne-sais-pu-trop lors du tournoi alors que le Canada avait une fiche de quelque chose comme 38 buts pour et 5 buts contre, dans de tels scénarios il n’y a aucune importance à accorder à ce genre de chose (déjà que je ne suis pas le plus gros fan des statistiques avancées….)

Ce qui m’a fait quitter le camp des détracteurs est que plusieurs des drapeaux rouges mentionnés plus haut n’ont pas été présents.

Son jeu défensif était beaucoup mieux, il à très bien défendu des un contre un, jouant le corps plutôt que la rondelle, bien qu’il manque de force physiquement il a cherché à s’impliquer et donner des mises en échec, il s’est mis à bien défendre le devant de son filet également, il a montré une bonne coordination main-œil pour frapper les rondelles au vol pour empêcher des dégagements dans sa zone.

Et offensivement, malgré que ce ne soit pas un excellent transporteur de rondelle, il est efficace dans ses relances. Il est intelligent dans ses choix de passe et il a la patience et l’intelligence requise pour retarder sa relance pour ouvrir une meilleure option.

Ça va sembler un peu spécial, mais le fait qu’il ne transportait pas beaucoup la rondelle fait foi de son intelligence à mes yeux. Savoir faire une auto-évaluation honnête et juste de ses forces et faiblesses est un aspect important chez un joueur et Clarke semble connaître ses limites et aussi, ce qui le rend efficace. Parfois certains joueurs ont une qualité prédominante étant plus jeune et ils en viennent à se reposer trop souvent sur celle-ci. Cela fait d’eux des joueurs dangereux à un calibre inférieur, mais à la longue ils terminent par se servir de cette qualité comme une béquille et cela les empêchent de développer d’autres facettes de leur jeu pour devenir un joueur plus complet ou à plus d’une flèche dans leur arc. Exemple; Philip Broberg avec son patin et ses montées à l’emporte-pièce (puisque nous sommes dans le sujet du transport de rondelle) on pourrait aussi parler des sélections de tirs d’Alexander Holtz dont j’ai fait mention plus tôt. Certains diront qu’ils préfèrent un joueur qui a la capacité de le faire et d’ensuite leur enseigner à tempérer leur jeu et choisir les moments pour le faire. C’est un argument qui se défend très bien, mais lorsque ces erreurs se répètent à profusion et que le joueur semble avoir de la difficulté à utiliser ses coéquipiers, ça laisse envisager un manque de Hockey IQ et ce n’est pas quelque chose qui se corrige aussi facilement qu’on serait porté de croire.

Il demeurera reconnu comme un haut espoir pour ses talents offensifs et même si je le trouve surévalué à ce sujet, au moins il m’a démontré avec le U-18, qu’il ne sera pas une nuisance à 5 contre 5 et qu’il pourra s’avérer utile autre qu’offensivement. Je le vois plus comme un défenseur de 2e paire.

Nombre de visionnements : 17

11. Chaz Lucius
Étant une édition plutôt faible, les recruteurs de la LNH n’avaient pas grand-chose à se mettre sous la dent avec le programme de développement des États-Unis (NTDP) cette année. En plus de cela, Lucius qui était l’un des joueurs les plus convoités a passé la majeure partie de la saison sur le carreau.

À l’image des 2 joueurs précédents, Lucius est un joueur que j’aime bien sans nécessairement dire que je serais prêt à mettre mon nom en jeu pour pousser sa sélection.
Il est un grand centre droitier, très talentueux.

Ses deux plus grands atouts sont son tir et ses mains. Son tir des poignets est très puissant et il décoche rapidement. Son tir est très précis et il peut élever la rondelle de près. Avec son contrôle de rondelle supérieur, il est en mesure de recevoir une rondelle dans un endroit peu favorable et d’immédiatement s’ajuster pour prendre un tir dangereux. Il est également en mesure de trouver les endroits libres sur la glace et même si ce n’est pas un joueur à qui on colle des étiquettes de joueurs combatifs, il va aux endroits payants.
Il possède également d’excellentes mains et peut réaliser des jeux uniques. C’est une qualité dans son arsenal qu’il aime bien se servir. Comme dit plus tôt, il se sert de ses mains pour faire de son tir une arme encore plus redoutable. Il est en mesure d’allier plusieurs forces en conjonction. Cependant, il faut aussi pointer que sa plus grosse faiblesse peut parfois ressortir lorsqu’il se sert de ses mains. Si jamais il échappe la rondelle en tricotant, il n’a pas l’explosion dans ses premières enjambées pour aller récupérer la rondelle comme le ferait un Fabian Lysell, par exemple.

Ce n’est pas nécessairement un fabricant de jeux, mais il est tout de même en mesure de bien repérer ses coéquipiers qui se font oublier.

Lucius évolue au centre et bien qu’il ne soit pas reconnu comme une force dans les deux sens de la patinoire, il suit bien le jeu et fait de bonnes lectures en zone défensive tout de même. Il risque fort probablement de devoir jouer à l’aile dans la LNH, car son patin est très ordinaire.

À part mes 2-3 derniers visionnements du joueur, je n’ai pas été grandement impressionné cette saison.

Risquant de devenir un ailier, je trouve qu’il a un profil très similaire à celui de Tyson Foerster (que j’avais classé 19e l’an dernier). Un grand droitier avec un excellent tir, de bonnes mains et une longue portée. Pour ma part je prendrais Foerster en premier, ce qui témoigne un peu de la cuvée 2021.

Nombre de visionnements : 9

12. Kent Johnson
Probablement une assez forte surprise de le voir aussi bas.

Johnson est un attaquant très talentueux, ses mains et sa créativité sont fort impressionnantes et se classe dans le sommet de ce repêchage.

Il est un joueur qui risque de capter votre attention assez tôt dans un match, mais au-delà de tout ça, j’ai plusieurs réserves sur le joueur.

Son patin est assez ordinaire, sa vitesse est moyenne au mieux. Il manque d’explosion, il ne gagne presque aucune bataille le long des rampes. En espace restreint il essaie souvent de tromper ses adversaires avec des petites hésitations et changements de direction, mais ça ne fonctionne pas, car il manque de puissance pour créer de la séparation et il n’a pas la force physique pour protéger la rondelle avec son corps. Il demeure assez agile et peut ‘tourner sur un 10 cenne’ assez aisément.

Il est très facile à neutraliser derrière le filet adverse et en de telles situations, il ne donne jamais de 2e effort. Je trouve qu’il a beaucoup plus de flashs que de substances. Il exécute beaucoup de passes en spinorama et de façons innovatrices, mais la plupart du temps, il serait parvenu au même résultat avec un jeu simple.

Défensivement, son jeu ne comporte pas vraiment de drapeaux rouges. Lorsque son coéquipier Matt Beniers était au Championnat mondial junior pour les États-Unis, Johnson a joué au centre et il s’est bien tiré d’affaire. Il a fait de bonnes lectures en zone défensive.

Sa production offensive se veut trompeuse également. Du lot, beaucoup de 2e mention d’aide sur des jeux de routine et on y retrouve aussi deux ou trois matchs de 4pts ou plus.
Des gars comme Tyson Jost et Casey Mittlestadt ont aussi très bien performé en NCAA avec un coup de patin moyen (quoiqu’eux c’était à leur année post-repêchage) et ils ont encore de la difficulté à s’ajuster à la LNH. Pour être juste, il faut mentionner que Jost jouait aussi dans un corps d’homme et que Johnson a encore beaucoup de poids à prendre (s’il en est en mesure) et ça semble se placer pour Mittelstadt avec Granato derrière le banc. Mais je le trouve quand même trop inefficace le long des bandes et derrière le filet et avec son manque de vitesse et d’ardeur, je ne le vois pas devenir un joueur d’impact.

J’avais émis plusieurs réserves sur Cole Perfetti l’an dernier (rapidité, capacité à reproduire ce qu’il fait junior dans la LNH, force physique et jeu à 5 contre 5), mais si on me donne les choix entre les deux, je choisis ce dernier bien avant Kent Johnson.

Nombre de visionnements : 18

Dès le 13e rang, l’écart entre les joueurs est très petit, étant pratiquement une question de préférence. Bien des joueurs auraient pu figurer 5-8 rangs plus haut ou plus bas et il y aurait eu des arguments pour défendre cette position. Un fort nombre de ces joueurs sont classés à un rang qui peut faire sourciller un peu, mais c’est une fois de plus une démonstration du manque de qualité et de profondeur de ce repêchage.

13. Xavier Bourgault
Évoluant avec Mavrik Bourque, Bourgault est un joueur que j’ai observé beaucoup l’an dernier et que déjà j’y portais, une affection particulière.

Il y existe cependant un monde de différences entre être un bon marqueur junior et être un espoir légitime pour la LNH. Ces nuances reposent à mes yeux dans les caractéristiques de ce que j’appelle ‘’Un joueur de hockey’’, c’est une expression anglophone qui suscite quelques moqueries à l’occasion, mais qui illustre ce à quoi devrait ressembler un joueur professionnel. J’utilisais cette expression l’an
dernier pour décrire des joueurs comme Dylan Holloway et Jake Neighbours.
Cela inclut gagner ses batailles 1 contre 1, donner du support le long des bandes à ses coéquipiers, se replier en défensive, avoir un bâton actif et harceler le porteur de la rondelle, se servir de son corps et bien jouer défensivement, savoir soutirer la rondelle à son adversaire, bien jouer en zone neutre et bien se servir de ses coéquipiers dans les jeux simples.

Sans exceller en permanence dans ces catégories, il y a eu une amélioration notable qui s’est faite dans le jeu de Bourgault à ces niveaux depuis l’an dernier.

Mis à part ces subtilités, une des choses qui retenaient un peu Bourgault était son coup de patin et il a également amélioré cet aspect dans l’entre-saison et pendant l’année.

Sans dire que c’est son pain et son beurre, la qualité primaire de Bourgault est son talent de marqueur et dans son cas ça se résume tellement plus qu’à juste son tir. Il excelle, rien de moins, à savoir utiliser ses coéquipiers pour détourner l’attention de sur lui l’espace de quelques secondes le temps de se repositionner pour pouvoir prendre un meilleur tir, il maitrise l’art du ‘Give-n-go’. Toutes ces subtilités font en sorte que je serais porté à dire que sa plus grosse qualité est son intelligence sur la glace.

L’an dernier je disais que Bourque était un des meilleurs fabricants de jeux de son repêchage, mais que c’était plus un ‘Dual-Threat’, car son tir et ses talents de marqueur étaient sous-appréciés. Cette année c’est la même chose pour Bourgault; comme marqueur, ses talents de passeurs et de fabricants de jeux sont remarquables et ceux-ci passent beaucoup trop sous le silence à mon goût. Je l’ai vu exécuter des passes subliminales à maintes reprises pendant la saison.

Alors que Bourque était au camp d’Équipe Canada Junior, Bourgault a joué au centre et personnellement je ne l’ai pas vraiment aimé à cette position, en fait il y a eu deux séquences dans l’année où j’avais refroidi sur lui, je pense que ce ne serait pas trop critique de dire qu’il peut être inconstant. Il pourrait être un peu plus hargneux et devra continuer de travailler sur son patin.

À mes yeux il a discrètement de bonnes chances de devenir un ailier top 6 dans la LNH. Ce que je préfère de lui est qu’il joue déjà de la façon que je le vois jouer dans la LNH pour y connaître du succès ce qui facilite sa projection.

Un joueur qui ferait une très bonne sélection entre 20 et 24 à mes yeux.

Nombre de visionnements : 21

14. Scott Morrow
Ok, attendez une seconde ! Ne partez pas si vite !

Je serais renversé si un club venait à le prendre en première ronde. Personnellement je le prendrais en première ronde uniquement si je n’ai pas de choix supplémentaire entre 33 et 45. Cela implique que dans plusieurs scénarios je prendrais des joueurs que j’ai classés plus bas que lui en premier, prenant le risque de le sélectionner plus tard. Je sais que cette idée de classer un joueur à un endroit et s’en laver les mains peut paraître irresponsable, mais monter une liste de 1 à 32 lorsque nous ne possédons aucun contexte ; aucun choix de données à notre disposition, aucune banque d’espoir et d’équipe LNH avec laquelle composer, ne laisse trop de choses au hasard et à interprétation. Nous ne sommes pas sur le plancher aussi et nous ne pouvons essayer de négocier des échanges de choix. Morrow est un joueur que j’aimerais bien ajouter à ma collection d’espoir, mais j’aimerais m’assurer d’ajouter des espoirs plus sûrs dans la même cuvée, y compris un ou des défenseurs. Peut-être qu’un club avec plusieurs choix de première ronde comme les Blue Jackets de Columbus ou le Wild du Minnesota pourrait être tenté de le prendre puisque, même s’il risque de sortir plus tard, ça ne prend qu’un seul club pur te soutirer un joueur que tu aimes.

Monter une liste de 1 à 32 compose ses limites; les stratégiques qu’adopte un club ne sont pas toujours aussi simples que de suivre sa propre liste. Morrow en est un bon exemple, ce n’est pas un joueur que je sélectionnerais à l’endroit où il figure sur ma liste (assurément pas !) et tout dépendant des choix dont je bénéficierais, le rang auquel je le prendrais fluctuerait.

Dans le monde du hockey, il y a quelques expressions qui me tracassent un peu. Une de celles-ci est l’expression ‘’Boom or Bust’’ désignant un espoir. Très souvent dans ces scénarios, le joueur ne devient ni une vedette ni un échec sur toute la ligne. L’expression est majoritairement utilisée aussi avec des espoirs de fin première ronde ou de deuxième ronde, mais le taux de succès de ces choix est d’environ 25%, alors si le joueur échoue, mais avait 75% de chance qui pointait dans cette direction, peut-on réellement parlé d’un flop plus qu’on le ferait d’un espoir dit plus ‘safe’, mais qui ne parvient pas non plus à s’établir dans son rôle respectif ?

Cela dit, Morrow est un Boom or Bust.

Défenseur droitier de 6’2, Morrow a des qualités athlétiques remarquables. Sans nécessairement être l’un des patineurs les plus rapides du repêchage, son agilité sur patin combiné avec ses mains et sa créativité en font un joueur qui peut faire ce que bon lui semble sur la patinoire lorsqu’il est en possession de rondelle.

Morrow a évolué la saison au complet dans une ligue faible à Shattuck St-Mary. Pour cette seule raison, Morrow a représenté le plus gros casse-tête pour probablement un fort nombre d’observateurs de ce repêchage. Avec tout le talent qu’on lui connait, il était en mesure de dominer chaque présence. Il a l’une des meilleures paires de mains de ce repêchage et ridiculisait multiples adversaires à chaque présence. Chaque fois qu’il était sur la glace, il créait plusieurs chances de marquer, on aurait réellement cru assister à un cheat-code sur la glace. Il n’a aucune difficulté à se rendre jusqu’au filet et il peut aussi parcourir la glace d’est en ouest tout en utilisant des croisées de reculons et en déjouant un adversaire ou deux au passage. Cela n’en fait pas un joueur individuel pour autant, il peut très bien faire de superbes passes en zone offensive faisant preuve d’une bonne vision de jeu. Il n’a pas un très gros lancer et utilise très rarement un lancer sur réception à la ligne bleue, il préfère y aller de petits tirs vifs visant des déviations au passage.
Cela dit, Morrow n’avait pas d’affaire dans ce calibre-là et il y a différentes façons d’interpréter cette situation et ça en revient à du pile ou face ou savoir si vous aimer suffisamment le joueur et êtes prêt à prendre le risque.

D’un côté il faut admettre que malgré toutes les fanfares dans son jeu, Morrow était loin d’être un produit poli dans les ligues Prep-School. Par moment ses relances étaient imprécises, défendait mal les attaques lorsqu’il y a beaucoup d’espace, exemple les 2 contre 1 et même les un contre un où il s’est fait servir quelques tasses de café pendant la saison, ça lui arrivait assez souvent de ne pas savoir bien se placer dans les lignes de tirs en zone défensive ou de donner trop d’espace au tireur, pouvait être trop agressif dans ses couvertures ce qui donnait place à des trous béants à exploiter et il ne se sert pas énormément de son gabarit. Tous ces défauts (que nous pourrions très bien appeler des drapeaux rouges) et le fait que ceux-ci étaient encore présents à sa 3e année dans ce calibre faible sont des raisons suffisantes pour justifier que des équipes ne l’auraient pas sur leur liste.

Cependant, il y existe aussi une autre façon de voir les choses. Souvent lorsqu’on joue dans un calibre plus faible, cela a pour effet de niveler notre jeu vers le bas. Plusieurs erreurs du jeu de Morrow peuvent être attribuées à une certaine nonchalance ou à du je-m’en-foutisme un peu (ne vous détromper pas, ça demeure un drapeau-rouge). De jouer dans un calibre plus élevé peut augmenter notre niveau d’alerte, notre concentration et notre éthique de travail. Ce simple fait peut nous permettre de demeurer optimistes. On peut également regarder d’anciens espoirs qui ont eu à passer du Prep-School à un calibre plus élevé et assurer une transition sans que leur jeu chute. Brendan Brisson fut le 2e meilleur pointeur de la USHL en 2019-2020 et il avait évolué à Shattuck l’année d’avant, le défenseur Zac Jones et l’attaquant Shane Pinto évoluait dans une ligue U18 AAA avant de joueur leur saison de repêchage en USHL et y connaitre beaucoup de succès. Ces 3 joueurs ont aussi eu une transition splendide en NCAA, ainsi qu’en LNH pour Pinto et Jones !

C’est un phénomène qu’on a d’ailleurs pu observer chez plusieurs espoirs cette saison; Fabian Lysell a offert du meilleur hockey en SHL que contre son groupe d’âge, Stanislav Svozil a mieux joué au tournoi U-20 qu’au tournoi U-18, Nikita Chibrikov était meilleur en VHL qu’en MHL, je serais presque tenté de dire que ce fut également le gars pour Fedor Svechkov, il y a également plusieurs exemples au fil des années des joueurs qui ont été meilleurs dans la LNH que dans la AHL. On pourrait également comparer le jeu de son coéquipier Shai Buium à Shattuck cette saison et en USHL, et à mes yeux, il n’y a pas eu de grosse chute.

Ces raisons m’inspiraient confiance et il y avait également le fait que Morrow était censé se joindre à l’université du North Dakota, qui est un programme réputé pour exceller dans le développement des espoirs. À titre d’exemple, Nick Schmaltz qui était un de mes espoirs préférés est passé par North Dakota avec la réputation d’un joueur pas trop travaillant et d’un joueur unidimensionnel et il est maintenant un excellent centre dans les deux sens de la patinoire dans la ligue nationale.

Cependant, North Dakota voulait qu’il se joigne à l’équipe seulement qu’en 2022-2023, tout comme, Brent Johnson, alors Morrow a décidé d’opter pour UMass à la place. Le programme vient tout juste de remporter un titre national et vient de voir Cale Makar et Zac Jones quitter leurs rangs. J’ai l’Impression que ce pourrait être un très bon endroit pour qu’il se développe. Mais en même temps, l’équipe vient de remporter un championnat national alors c’est à se demander s’ils seront aussi fort dans les années à venir, cela pourrait exposer un joueur comme Morrow… C’est facilement le plus gros casse-tête de tout ce repêchage.

Il a clos sa saison en se joignant au Force de Fargo, finaliste de la Coupe Clarke en USHL, participant à 6 matchs de séries. Ce fut un peu le même Morrow qu’on était en droit de s’attendre; des jeux sur lesquels on se grattait la tête un peu, mais aussi des poussées offensives dont peu de joueurs peuvent se vanter d’avoir la confiance et les habiletés de pouvoir réaliser. Il s’est compromis à quelques reprises en couvrant un joueur de trop près laissant un trou dans la couverture défensive et se retrouvant un peu perdu par la suite. À certains moments il a montré une amélioration quant à la façon d’utiliser son corps et aussi au niveau de l’anticipation. Sa gestion de rondelle a semblé s’améliorer de match en match, s’acclimatant au niveau de jeu. Offensivement, il devra s’améliorer à trouver les lignes de tir, car plusieurs de ses tentatives ont été bloquées avant de se rendre au filet. Il a été blanchi lors de ces 6 matchs, mais je crois que c’est un peu trompeur, car il a obtenu et à créé un bon nombre de chances de marquer. Il a terminé le match 5 et le début du 6e avec quelques présences à l’avant, décision que je n’ai pas aimée de la part de l’entraîneur. Il avait été correct défensivement et la majeure partie de l’offensive qu’il crée vient du fait qu’il contrôle le jeu à partir de l’arrière et il peut patrouiller la ligne bleue adverse avec son patin comme peu de défenseurs peuvent le faire.

Son style de jeu s’apparente beaucoup à Brent Burns et il représente la plus grosse tentative de coup de circuit de tout le repêchage et je serais à en prendre le risque.
Nombre de visionnements : 19

15. Tristan Broz
Broz est un joueur que j’ai commencé à épier sur le tard cette saison, débutant mes visionnements sur lui dans le mois de mai. À l’instar d’un fort nombre de joueurs cette saison, Broz a été assez difficile à classer, car il a eu de très forts matchs et d’autres beaucoup plus discrets. Il est aussi un de ces joueurs que le rang sur ma liste n’est pas représentatif de l’endroit où je le sélectionnerais.

Broz est un ailier talentueux et intelligent qui amène un bon lot d’intangibles avec lui. Sans se montrer un joueur très robuste, Broz à ce petit côté tannant à affronter et il est constamment en train de déranger l’adversaire. Il se montre régulièrement assez bavard également. Mes premiers visionnements du joueur étaient lors d’un back-to-back face à Sioux Falls et Cole Sillinger et Broz avait eu le dessus sur ce dernier, ce qui n’est peu dire ! C’est ce qu’on appelle faire une bonne première impression. Il avait été très abrasif ces matchs-là et s’était montré comme le genre de joueur que je tombe rapidement en amour avec ; du talent, bon dans les trois zones, très intelligent avec la rondelle, rapide dans sa prise de décision et dans son exécution, et dérange l’adversaire.

Un exemple de cette description est lors d’un match, il a été victime d’une percutante, mais limite mise en échec, il s’est immédiatement relevé, et sans se diriger vers le joueur (ce qui m’avait un peu déçu) il a repris sa position sur la glace, a reçu une passe en zone neutre et est allé préparer un but sur la contre-attaque, il s’est ensuite tout de suite dirigé vers son assaillant et est allé l’applaudir directement dans son visage.

Avec ce style de jeu là, c’est un peu surprenant de constater que Broz est l’un des meilleurs fabricants de jeu du repêchage. Surtout lors des avantages numériques. Il cache bien ses intentions et peut faire des passes très difficiles à travers plusieurs joueurs. Ses passes soulevées sont aussi d’une précision remarquable.

Il possède également un très bon tir des poignets. Son tir est lourd et précis et il l’utilise très bien. Il a la patience et les habiletés pour utiliser un petit ‘drag’ pour retarder son tir. Il sait aussi reconnaitre les moments où c’est préférable d’envoyer la rondelle au filet sans nécessairement chercher à battre les gardiens de façon nette, exemple quand il y a de ses coéquipiers devant le gardien prêt à sauter sur les retours. Il aime bien prendre des tirs d’angles restreints aussi.

Comme plusieurs joueurs cette saison, son coup de patin était dur à évaluer. Par moment ça semblait pointer vers quelque chose qui pourrait le limiter et à d’autres moments il avait l’air rapide, dynamique et capable de bonnes accélérations pour battre ses adversaires. Broz est très bon pour utiliser la technique appelée ’10-2’ (penser à Sidney Crosby ou Jeff Skinner) où il va ouvrir ses hanches en effectuant une légère rotation du bassin et du tronc pour donner l’impression qu’il freine et regarde pour une passe au centre, mais il conserve en fait toute sa vitesse et trompe l’adversaire ainsi. J’adore aussi le fait que lors des entrées de zone il joue d’Est en Ouest. Ça donne du fil à retordre aux défenseurs, il peut ensuite utiliser sa vision pour repérer un coéquipier ou sa rapidité et ses mains pour se faire un chemin jusqu’au filet. C’est signe que le joueur ne joue pas en corridor ce qui montre souvent des signes de limites au niveau du Hockey IQ.

Un autre aspect dans le jeu de Broz que j’aime beaucoup est son intelligence et sa patience avec la rondelle. En anglais, on utilise le terme ‘Poise’ pour référer aux défenseurs qui ont un sang-froid avec la rondelle et qui savent retarder leur jeu aux moments opportuns. Même comme attaquant, je serais porté à employer ce qualitatif avec Broz, dans les trois zones, il réagit très bien en possession de rondelle lorsqu’un joueur lui met de la pression. Il est capable de ralentir le jeu et de faire une petite feinte pour éliminer un joueur et ouvrir des options de passes. Il ne cède jamais à la pression et s’assure toujours que son équipe demeure en possession de rondelle.

Maintenant, pour faire mention des choses qui m’ont déplu pendant mes visionnements sur ce joueur ; Broz a connu des matchs plutôt discrets. À plusieurs occasions en saison régulière, il ne semblait pas vouloir être le ‘Go-to-guy’ de Fargo. Lors des avantages numériques, il se tenait très loin dans sa propre zone lors des relances, comme si il ne voulait pas être l’option du ‘Slingshot’ pour ne pas être prit à transporter la rondelle (lorsqu’un joueur transporte la rondelle jusqu’en zone neutre pour faire reculer la défensive adverse et la renvoie ensuite dans son territoire pour qu’un joueur arrive en contrôle du disque en pleine vitesse face à une défensive statique) pourtant il a les mains et la vitesse pour pouvoir manœuvrer face au mur défensif. Parfois en relance, il donne la rondelle à un coéquipier et ne va pas aller attaquer la zone neutre ou les espaces libres pour se donner en option de passe ou récupérer une rondelle libre comme le fait si bien Francesco Pineli. Il va plutôt chercher à se faire oublier. Il peut être quelques matchs sans se faire remarquer à 5 contre 5.

Lors des séries éliminatoires, j’ai regardé les 9 matchs de Fargo et il a très bien joué. J’ai même été sous le choc de voir à quel point il semblait rapide.

Ce n’est pas un joueur que je sélectionnerais au rang où je l’ai classé, idéalement il représenterait une très bonne valeur entre 30 et 40. Malgré les absences occasionnelles à 5 contre 5, je crois que ça peut devenir un ailier de 2e-3e trio dans la LNH qui pourrait jouer sur l’avantage numérique et apporter une dimension intéressante.

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16. Oskar Olausson
Je préfère garder mes listes pendant la saison personnelle afin de ne pas vendre la mèche sur mon classement et ne pas influencer celui des autres, mais maintenant que je sors mon classement final, je n’ai aucun scrupule à mentionner les endroits auquel certains joueurs ont figuré pendant l’année.

Ça va sembler étonnant, mais en début de saison je voyais Olausson comme potentiel choix top 5 et qui pouvait même se retrouver comme un candidat au premier choix universel.

Des plusieurs centaines de matchs que j’ai regardés cette saison, le match où j’ai été le plus impressionné parmi tous fut un match de Olausson dans la ligue des moins de 20 ans en Suède. S’il avait eu à offrir des performances de la sorte dans la Ligue Canadienne de Hockey sur une base constante, il aurait eu une ascension similaire à celle de Nico Hischier en 2017, je n’ai pas de doute là-dessus. L’argument facile serait de dire que c’est à cause du calibre de jeu que la ligue a à offrir que j’avais été autant ébahit, mais en fait, les premiers matchs que j’ai vus du joueur furent en SHL et je l’avais trouvé fantastique à ce niveau également.

Olausson est un gros ailier de 6’2, très rapide qui est à son meilleur lorsqu’il a la rondelle sur son bâton. Il a toujours la tête haute et choisit les bons jeux. Il est très dynamique pour sa grosseur et il possède une paire de mains incroyable. Il est en mesure de contrôle le disque à pleine vitesse, il est très agile et il arrive à changer tout son poids et son corps de côté en une fraction de seconde et combiné avec sa longue portée, bonne chance pour lui soutirer la rondelle. Il peut découper les défenses adverses sans aucun problème frayant son chemin à travers une horde de joueurs. Ses pieds bougent à la même vitesse que ses mains, ce qui est toujours impressionnant, encore plus quand on prend en considération son gabarit.

Il est en mesure de jouer à différent ‘Pace’ (rythme-vitesse), ce qui est une qualité que j’aime beaucoup. Il peut attaquer le filet comme qu’il peut ralentir le jeu et organiser des attaques collectives. Un coup dans la zone offensive il choisit toujours le bon jeu à faire, et il a le talent pour réaliser les jeux au taux de succès moins élevé pouvant déjouer un joueur au passage avant de passer la rondelle.

Sans la rondelle il est toujours au bon endroit en zone neutre ou en zone défensive pour récupérer les rondelles libres ou pour mettre de la pression sur le porteur du disque. Il est également en mesure de soutirer la rondelle habilement aux joueurs adverses. Le seul défaut qui me chicotait un peu est que j’aurais aimé le voir un peu plus ‘méchant’, il a passé à côté de plusieurs belles occasions d’appliquer de grosses mises en échec.
Son tir n’est pas au même niveau et il n’est pas autant imposant (6’2 vs 6’5), mais à l’automne, je comparais Olausson à Mikko Rantanen.

Que s’est-il passé par la suite ?

Son rôle est devenu plus limité en SHL et on l’a finalement descendu en Allsvenskan. À ce niveau j’aurais aimé le voir être lui qui mène la charge, mais il se retrouvait plus souvent comme joueur passager sur son trio. On voyait souvent de beaux flashs, mais ça ne se menait à rien de concret. Sans dire que je lui reprochais un manque d’ardeur au travail, j’aurais aimé le voir avec plus de chien et attaquer plus les endroits payants. Il jouait en périphérie un peu pendant un bout. J’ai aussi trouvé qu’en Allsvenskan, son synchronisme lors de ses tirs faisait défaut, il avait commencé à jouer avec un bâton plus long alors peut-être que ça peut être attribuable à ça ou peut-être que c’est dû à une perte de confiance. Mais dans les pires scénarios, il demeure un joueur intelligent avec la rondelle et qui sait trouver les endroits libres sur la glace.

Cela dit, je vois définitivement un joueur de la LNH en lui et il a repris du poil de la bête en toute fin de saison et les habiletés qu’il a démontrées plus tôt en début de saison n’ont pas disparu, beaucoup va dépendre à savoir s’il veut réellement devenir un des meilleurs joueurs de sa cuvée et s’il est prêt à mettre les efforts pour y parvenir. Une équipe qui l’a scruté à la loupe et qui a fait leur devoir en interviewant le joueur, ses coéquipiers et ses entraineurs et qui croit qu’il peut redevenir le joueur du début de saison pourrait tout de même l’avoir assez haut sur leur liste.

Je crois que sa chute au dans les classements cette saison est en grande partie attribuée à un manque de confiance.

J'ai toujours dit que le processus d'entrevue et le fait de trop connaître le joueur sur le plan individuel et personnel peuvent être une arme à double tranchant, mais dans le cas d'Olausson, je pense que ce serait le facteur décisif.

Son club du HV71 en SHL a été relégué en Allvsenskan perdant leur match de qualification alors il évoluera dans la 2e division suédoise l’an prochain à moins d’un transfert. Cela ne me laisse ni-chaud ni-froid, d’un côté il pourra reprendre confiance en ses moyens dans un calibre plus faible, de l’autre côté, de ne pas affronter de meilleures compétitions pourrait haleter son développement.

C’est un joueur sur lequel le classement est très volatile. S’il avait montré en Allsvenskan cet hiver, ne serait-ce que la moitié du joueur que j’ai vu en début de saison, j’aurais pu le placer aux alentours du 10e-15e rang. N’eût été ses fortes performances de début de saison, je pourrais également comprendre une exclusion de la première ronde.

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17. Zach Dean
Un joueur que j’apprécie énormément depuis le début de la saison.

Dean coche absolument toutes les cases pour moi ; c’est un très bon patineur et il excelle pour transporter la rondelle grâce à son patin, mais principalement avec la confiance avec laquelle il joue et ses excellentes mains. Il est l’un des meilleurs feinteurs de tout le repêchage, très créatif et audacieux dans son jeu et il arrive à déjouer de toutes les manières, en pleine vitesse en transportant la rondelle, dans les espaces restreints et même le long des bandes quand il est statique. C’est un très bon passeur aussi et cette qualité est aussi bénéficié de sa confiance et de sa créativité.

En plus de ça, il a une éthique de travail incroyable, le genre de joueur que tu veux dans ton organisation. Il joue très bien dans les deux sens de la patinoire et sans être un joueur physique, il redéfinit ce que veut réellement dire l’expression ‘dure à jouer contre’ on a tendance à associer cette expression à des gros joueurs qui frappent tout ce qui bouge, mais Dean est un expert pour soutirer la rondelle à ses adversaires, il harcèle le porteur du disque sans relâche, il est très bon en échec avant sans nécessairement jouer le corps, il provoque beaucoup de revirements et est toujours au bon endroit pour récupérer les rondelles libres.

Dean est aussi très combatif et est toujours le premier à aller se salir le nez et à être dans les escarmouches, il ne recule devant absolument personne, il joue parfois même assez limite et aime bien semer le trouble. Lors de certains matchs, il était pratiquement ciblé à chaque présence et il répliquait coup pour coup.

C’est un gars qui va à la guerre à chaque match et il est souvent même le général sur la glace, même quand il n’a pas la rondelle, il donne des instructions à ses coéquipiers sur la glace sur lequel faire, avant les mises en jeu il est toujours en train de donner des directives à ses coéquipiers.

Dans les aspects négatifs, je doute qu’il fasse réellement 6 pieds, il ne gagne pas beaucoup de mise en jeu en tant que joueur de centre et il manque de finissions. J’aime beaucoup le joueur, mais il aurait figuré vers la toute fin de ma première ronde l’an dernier.

Le manque de production m’a inquiété à quelques reprises pendant la saison, mais à ce sujet, il y a plusieurs parallèles entre Dean et l’espoir Jamieson Rees (que j’avais classé 18e en 2019) ; un joueur pas très gros, magicien avec la rondelle, très combatif et tannant à affronter. Tout comme Dean, Rees n’avait pas eu une saison de repêchage très productive avec 32 pts en 37 matchs, mais a explosé à la saison suivante avec 61 pts en 39 matchs, ce qui me rassure un peu dans le cas de Dean. Il a beaucoup plus de talent que ses statistiques ne le suggèrent.

La comparaison que j’ai longtemps utilisée pour Dean était Max Domi, surtout quand ce dernier jouait avec un bâton plus court. Les deux sont très habiles avec la rondelle et ont ce petit côté peste. Dernièrement j’ai commencé à voir beaucoup de similitudes avec Rielly Smith.

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18. Isak Rosen
Rosen a été très dure à évaluer cette saison, car il évoluait dans la SHL et ne bénéficiait que de quelques minutes par match et il pouvait rarement montrer son savoir-faire avec la rondelle.

Attaquant de 5’11, Rosen est un patineur fantastique. Il est très rapide et il est un de ces joueurs qui a l’air de glisser sur la glace et qu’il ne semble déployer aucun effort pour être à pleine vitesse.

Son tir des poignets est tout simplement incroyable. Il n’a besoin de pratiquement aucun élan pour décocher et la rondelle sort à une vitesse ahurissante. Il est également très précis.

Je ne remets pas en doute son intelligence et sa vision de jeu, mais je ne l’ai pas vu faire bénéficier ses coéquipiers sur une base constante, faut dire que bien des matchs en Suède il ne jouait pratiquement pas alors ça réduit la taille de l’échantillonnage. Cependant lors des avantages numériques il fait souvent des passes dangereuses à l’embouchure du filet.
Ce n’est pas un joueur qui craint d’attaquer le filet, mais le gros point d’interrogation avec Rosen est que malgré ses 5’11, il ne pèse que 161 lbs et n’a pas la force physique nécessaire pour batailler dans les endroits payants. Beaucoup du jeu lors d’un match consiste à batailler pour des rondelles ou de l’espace sur la glace et il n’aura pas toujours le luxe de contrôler la rondelle comme bon lui semble. C’est facile d’être optimiste et de croire qu’il sera en mesure d’ajouter de la masse musculaire à sa charpente, mais ce n’est pas quelque chose dans le bagage génétique de tous les joueurs. Son père et son oncle ont évolué professionnellement en Suède et les deux avaient de bons gabarits alors il y a une lueur d’espoir.

Contrairement à bien des autres joueurs talentueux un peu dans le même moule, j’ai plus de difficulté à écarter Rosen de ma première ronde, car le seul drapeau-rouge est son développement physique et non son intelligence sur la glace. Ne vous méprenez pas, c’est un point majeur qui pourrait limiter son potentiel, mais ce n’est pas quelque chose de trompeur comme d’autres joueurs spectaculaires, mais individuels. Assez tôt dans la saison il m’avait un peu fait penser à Sebastian Aho.

Nombre de visionnements : 19

19. Jack Peart
Une autre surprise assez majeure…

Dans les plus récentes années, nous avons pu observer des attaquants au coup de patin un peu déficient s’établir dans la LNH et y connaître du succès. Maintenant, est-ce qu’un défenseur gaucher au gabarit un peu diminutif (5’11) peut parvenir à se faire une place dans la LNH et devenir un joueur important. La réponse est oui s’il possède le même trait qu’ont en commun cesdits attaquants plus lents et je parle ici d’intelligence sur glace (Hockey IQ) et Peart est l’un des joueurs avec le meilleur sens du jeu de ce repêchage.
Peart possède une superbe mobilité dans les 4 directions, il est capable de réaliser des montées d’un bout à l’autre à l’occasion même si ça ne risque pas d’être quelque chose qu’il va faire dans la LNH. Il est capable de faire bouger la boîte défensive de l’équipe adverse lors des avantages numériques avec son coup de patin à la ligne bleue.

Certains argumenteront que pour un gars de son gabarit son patin n’est pas élite, mais je ne l’ai jamais vu arriver en retard pour récupérer une rondelle libre, ça fait également mention de son intelligence ; Il a une excellente conscience de son environnement sur la glace, il a un bon sens de l’anticipation et son positionnement est sans faille, ce qui lui permet de récupérer les rondelles libres.

Il joue avec un bâton actif dans sa zone et arrive à très bien défendre. Il demeurera toujours un peu désavantagé par son gabarit au niveau supérieur, mais il mesure tout de même 5’11, il mesurerait un pouce de plus et personne n’en parlerait….

Avec la rondelle, il joue toujours la tête haute, il est vraiment une présence rassurante sur la glace pour ses entraîneurs et ses coéquipiers. Il ne panique jamais avec la rondelle, avec son sang-froid et la qualité de son coup de patin, il parvient à sortir la rondelle des coins de patinoire ou de devant son filet avec une facilité déconcertante.

Ses premières passes sont d’une très haute qualité, très précise, et ne placera jamais un coéquipier dans le pétrin. Il choisit toujours le bon jeu et est un fantastique passeur dans les trois zones.

Je vais admettre que j’ai moi-même été aussi surpris de le voir aussi haut sur ma liste, mais malgré le fait que ce ne soit pas un nom très connu et populaire, Peart représente une valeur relativement sûre à mes yeux. Je suis assez sûr qu’il va jouer dans la LNH. Sa seule limitation (qui est son physique) est un peu prise hors de proportion et la plupart des joueurs dans ce repêchage contiennent des points d’interrogation de plus grande envergure. On parle probablement plus d’un bon défenseur de 2e paire qui n’a pas un énorme potentiel offensif, mais si ma banque d’espoirs et les choix que j’ai à ma disposition ne me permettent pas de pouvoir prendre de risque, je serais satisfait de quitter la table de repêchage avec ce joueur.

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20. Tyler Boucher
Tyler est le fils de l’ancien gardien de but, Brian Boucher.

Un peu à l’image de Peart, c’est surprenant de le voir aussi tôt et ce n’est pas un joueur très connu, mais il est à mes yeux un joueur qui a de très fortes chances de joueur dans la LNH et d’y être efficace. Je crois aussi que son potentiel est plus haut que certains ne le croient.

Le point d’interrogation avec Boucher est qu’il semble souvent blessé.
Malencontreusement pour lui, à deux reprises il a dû s’absenter alors qu’il jouait de l’excellent hockey. En début de saison il avait été à mes yeux le meilleur attaquant du NTDP lors de ses 2 dernières parties avant de se blesser et tard en saison je l’avais adoré avant qu’il ne se blesse de nouveau.

Boucher est un attaquant de puissance comme il ne s’en fait plus beaucoup de nos jours. Il se dispute le titre du joueur le plus physique du repêchage avec Chase Stillman.
Certains ont critiqué son coup de patin, mais je trouve somme toute que c’est un très bon patineur pour un joueur de son gabarit. Je trouve aussi qu’il est assez raffiné techniquement parlant; ses pieds sont rapides et toujours en mouvement, sa cadence lors de ses croisées est très bonne et il parvient à générer beaucoup de puissance et gagner en vitesse lors de ceux-ci, avec son gabarit et sa rapidité, il est dangereux et difficile à arrêter lorsqu’il gagne la zone en croisée. Son degré de flexion au niveau des genoux est optimal et lui permet de générer beaucoup de force à chaque enjambée. Il est en mesure de déborder les défenseurs et d’attaquer le filet.

En début de saison j’avais noté qu’il avait une base de patin un peu large sur ses départs et je trouvais qu’il avait un peu de difficultés effectuer des virages brusques, il devait en prendre très large sur la patinoire. Pour un gars qui pratique le style de jeu qu’on lui connait, cela lui nuisait, car lors de ses échecs-avants, des défenseurs pouvaient se défaire de lui assez facilement avec un changement de direction.

Cela dit, lors de ses derniers matchs de la saison il semblait beaucoup plus agile sur la glace et parvenait même à ‘tourner sur un 10 cenne’’.

Boucher a aussi un bon niveau d’habileté individuelle aussi, il a de bonnes mains et cette qualité ressort principalement en conjonction avec son jeu le long des bandes. Avec son gabarit et sa force physique, il était facile d’entrevoir qu’il allait exceller dans de telles situations, mais une des principales raisons est qu’il est capable de tricoter et faire des jeux ingénieux de ces endroits. Il peut se passer la rondelle à lui-même en utilisant la bande ou simplement déjouer un joueur en espace restreint.

Il possède aussi un assez bon tir des poignets. Il a marqué la plupart de ses buts (dans une saison très écourtée) à l’embouchure du filet, là où il se marque un haut pourcentage des buts dans la LNH. Malgré ça, je trouve que son tir est difficile à lire pour les gardiens et il pourrait devenir un tireur dangereux. Son point de ‘release’ sur son tir est rapproché, ce que j’entends à dire c’est qu’il décoche son tir alors que la rondelle est encore très près de son corps (parfois même pas plus loin que la base de ses patins), sans avoir à poursuivre son élan avec son bâton et son tir a beaucoup de vélocité ce qui risque de donner de la difficulté aux gardiens de contrôler les retours.

Il joue toujours la pédale au plancher, met beaucoup de pression sur le porteur du disque et avec les mises en échec qu’il est capable de donner, il fait faire des revirements aux joueurs adverses qui ne sont pas prêts à encaisser le coup pour réaliser un jeu. Il s’implique aussi sur les 200 pieds de la patinoire. Il lit bien le jeu et dans la zone neutre il a un bâton actif et est très vif à sauter sur les rondelles libres.

Une des raisons qui me fait dire qu’il est sous-apprécié est son intelligence sur la glace. Je trouve qu’il cache bien ses intentions avec la rondelle qu’il utilise très bien ses coéquipiers et choisit majoritairement le bon jeu à faire. Pour cette raison, il pourrait causer une surprise et s’établir plus haut qu’on ne le pense dans un alignement.

Nombre de visionnements : 7

21. Shai Buium
Défenseur gaucher de 6’3, Buium évoluait avec Scott Morrow à Shattuck en début de saison, mais lorsque les activités du club ont été mises en suspens en raison de la Covid il a pris la bonne décision de se joindre avec les Musketeers de Sioux City en USHL.
Sa plus grande qualité est fort probablement son coup de patin. Combiné à sa grande portée, il excelle à forcer les attaquants vers l’extérieur. Il peut sauter dans le jeu à tout moment, et ce, dans les trois zones. Ce n’est pas nécessairement sa force, mais lorsqu’il transporte la rondelle il est capable de créer de la séparation avec son couvreur. Il n’est pas autant agile et fluide que Morrow, mais il pourrait très bien être le plus rapide des deux en ligne droite.

Offensivement ça lui a pris un peu de temps à se dégêner en USHL, c’est vers la mi-mars qu’il a commencé à montrer des flashs ; à patrouiller la ligne bleue d’est en ouest et faire bouger la défensive, à défier les attaquants ou les défenseurs adverses avec des feintes, à s’avancer profondément en territoire adverse et même à attaquer le filet. Avec son gabarit et sa rapidité, les adversaires en avaient les mains pleines.

Tard en saison, Musketeers ont commencé à utiliser deux défenseurs sur l’avantage numérique, mais qu’un seul joueur à la pointe, ce qui laissait Buium à la hauteur du cercle droit. Il jouait principalement le rôle d’un attaquant sur le half-wall, il descendait parfois à la ligne des buts pour passer la rondelle et allait même se blottir dans l’enclave.
Lors des relances il demeurait haut en zone neutre comme le ferait un attaquant, il semblait un peu perdu et restait souvent statique sur la glace lors de telles situations. Un peu inusité comme stratégie, mais dans l’année j’ai également vu Oscar Plandowski avec Charlottetown, Vinny Ioro avec le Wheat Kings de Brandon et même Corson Ceulemans jouer de tels rôles sur l’avantage numérique. De ces joueurs, seul Plandowski avait le profil pour tirer avantage de ses forces.

Je vois Buium comme ayant le potentiel de devenir un bon défenseur shut-down, cela dit, ce n’est pas un défenseur qui fait payer le prix à ses adversaires malgré ses 6’3, ce qui semble un thème courant dans ce repêchage.

Nombre de visionnements : 24

22. Fedor Svechkov
Un joueur qui s’est promené relativement beaucoup dans mon classement cette année, Svechkov est un joueur de centre russe de 6 pieds qui excelle dans les deux sens de la patinoire. Il est très cérébral avec et sans la rondelle. C’est un travailleur acharné lorsqu’il n’a pas la rondelle, il a aussi un positionnement défensif sans bavure.

Il a passé la majeure partie de la saison contre des hommes en VHL en Russie et son entraîneur lui confiait beaucoup de responsabilités défensives pour un si jeune joueur, il commençait beaucoup de ses présences en territoire défensif et n’a presque pas bénéficié de temps en avantage numérique pendant la saison. C’était le cas vers la fin de l’année, mais on l’employait devant le filet.

Mon plus gros problème avec lui pendant l’année fut son patin. À défaut de voir des failles techniques, c’est plutôt un manque de rapidité dans son cas, ce qui limite son potentiel.

Outre que son patin, je trouve que le manque de dynamisme de Svechkov déborde aussi sur son jeu avec la rondelle. Ce n’est pas nécessairement un joueur qui manque d’habileté, mais sa prise de décision me laisse perplexe. En MHL je l’ai vu circuler la rondelle sur l’avantage numérique de façon très incisive y allant de passes sur réception faisant bouger la rondelle très rapidement. À d’autres moments, particulièrement lors du tournoi U-18, plusieurs de ses passes ont trouvé preneur et ne représentait en aucun cas de mauvaises décisions, mais je trouvais que sa vitesse de prise de décision et d’exécution un peu lente. Ça me laisse pantois quant à savoir s’il joue à un ‘pace’ suffisant pour développer son côté offensif pour qu’il puisse devenir un centre de 2e trio dans la LNH. Même sans la rondelle en territoire offensif, je trouve qu’il joue un peu sans urgence dans son jeu, il n’est pas assez actif à mon goût lorsqu’il cherche à se démarquer. Je crois que c’est plus un fait qui découle de sa nature cérébrale plus qu’à un manque de combativité, car il a prouvé à maintes reprises par son jeu défensif qu’il n’y a aucune inquiétude à avoir face à son éthique de travail.

Svechkov a été transféré pour le SKA-1946, organisation de premier plan en Russie, je suis curieux de voir s’il développera un peu plus son jeu offensif dans les années à venir.
S’il avait démontré un peu plus de dynamisme avec la rondelle, j’aurais facilement pu me ranger derrière une sélection dans le top 15 (je l’ai même eu tout près de mon top 10 à certains moments dans la saison), c’est un joueur qui a son identité à lui et qui se projette aisément dans la LNH. Tant sur la glace qu’au niveau du potentiel, il me fait énormément penser à Radek Faksa.

Nombre de visionnements : 17

23. Matthew Knies
Knies est probablement ma plus grande déception de l’année.

L’an dernier je l’avais découvert lors du tournoi WJAC en décembre 2019 alors que je regardais les USA pour épier les Brendan Brisson, Sam Colangelo et Sean Farrel pour le repêchage de 2020. Je l’avais ensuite beaucoup regardé en fin de saison en USHL pour évaluer l’enfant terrible, Mitch Miller.

Knies me rappelait beaucoup Samuel Poulin à ce moment (joueur que j’adore et que j’avais classé 14e en 2019), un gros joueur de 6’2 qui possède une excellente vision de jeu, qui a de bonnes mains et qui peut couper au filet tout en ayant un joueur sur son dos. Je le voyais comme potentiel choix top 15 s’il pouvait améliorer son patin.

Et le pire dans tout ça, c’est qu’il a effectivement amélioré son patin. De beaucoup même !

Je ne dirais pas qu’il est au-delà de la moyenne, mais il a fait ce qu’on s’attendait de lui en travaillant sur ses faiblesses.

Il est très vif, mais sa vitesse de pointe est légèrement insuffisante ce qui fait que lorsqu’il transporte la rondelle en zone neutre, il doit se contenter de rejeter la rondelle en territoire offensif et de partir à sa poursuite, neutralisant tout élan de créativité offensive. Ça arrivait régulièrement aussi qu’il ne fût pas le premier arrivé sur la rondelle dans de telles situations.

Il a encore du travail à faire, mais il utilise très bien son patin en combinaison avec son gabarit pour protéger la rondelle à l’aide de petites hésitations et vifs petits changements de direction. Il se sert très bien de son corps bougeant aussi la tête et les épaules pour tromper ses adversaires. Par contre, le long des rampes il tombe assez facilement pour un gars de son gabarit, j’ai l’impression qu’avec du travail sur son gainage abdominal cela pourrait se corriger.

En avantage numérique il peut être en mesure de bien orchestrer les attaques de son équipe, car c’est un bon passeur. Il a joué la grande majorité du temps au haut des cercles droit et il gardait les adversaires honnêtes, car il prend beaucoup de tir. Il dégaine très rapidement et son tir a beaucoup de vélocité, mais il manque de précision. Au nombre de tir qu’il prend, ses adversaires n’ont pas le choix de respecter cet aspect de son jeu et ça lui ouvre ensuite des options et de l’espace pour repérer ses coéquipiers.

Je trouvais que l’an dernier il montrait beaucoup plus de créativité offensive et ses habiletés de fabricant de jeux semblaient meilleures également. J’en étais devenu à me demander s’il ne bénéficiait pas juste de la présence de Colby Ambrosio sur son trio…
J’ai surtout l’impression qu’il a perdu confiance en ses moyens.

Par-dessus tout ça, Knies a fait un nombre épouvantable de revirements dans mes visionnements. Souvent, l’idée derrière le jeu était bonne, mais un gars de son talent est censé être en mesure de faire mieux.

Au calibre de la USHL, et même au sein de sa propre équipe, Knies a été de longues périodes sans trop se démarquer. Il a été un joueur un peu frustrant à observer, car on voit le potentiel du joueur, mais ça se transposait en très peu sur la patinoire et il n’a presque jamais été la locomotive de son club.

À quelques reprises j’étais prêt à jeter la serviette dans son cas, mais il a démontré qu’il peut être très utile sur la glace par son jeu sans la rondelle. Il brise beaucoup de jeu avec son bâton et possède une très bonne éthique de travail. Il a aussi trop d’outils dans son coffre, souvent ses erreurs étaient une question que de quelques fractions de seconde ou de pouces.

J’ai surtout peur que ça fasse comme avec Jake Neighbours l’an dernier, un joueur que j’adorais en début de saison et qui a terminé assez loin de mon radar en fin de saison, tout ça pour rebondir brillamment la saison suivante.

Knies évoluera avec Chaz Lucius et Tristan Broz à l’Université du Minnesota l’an prochain.

Nombre de visionnements : 22

24. Fabian Lysell
Lysell fut l’un des joueurs les plus difficiles à avoir une idée honnête de tout le repêchage. Au début de la saison, je le voyais comme un joueur polarisant qui pouvait très bien être 5e sur la liste de quelqu’un et 20e sur celle de quelqu’un d’autre. À vrai dire, il a même fluctué entre ces rangs sur ma propre liste.

C’est tout un paradoxe, car c’est un joueur extrêmement ‘flashy’ et souvent ceux-ci viennent avec des préjugés négatifs à leurs endroits et Lysell ne répond pas à cette définition complètement, mais en même temps, on peut également lui reproché bien des choses qui viennent avec ce genre de joueur. Dans les positifs, Lysell n’est pas un joueur de périphérie, car il ne craint pas d’aller dans la peinture du gardien de but, marquant quelques buts ‘Greesy’ au passage (mais ça sera une histoire différente en LNH) et il s’implique derrière le filet aussi. Il démontre aussi suffisamment d’effort dans les deux sens de la glace et a une bonne conscience défensive. Il a de très bonnes mains dont il se sert pour déjouer des adversaires à toute vitesse, ce qui est une qualité très rare. En zone offensive il s’en sert très bien pour changer ses angles de tirs, particulièrement du haut des cercles droits (Lysell est droitier) où il fait des toe-drag pour retarder son tir et laisser le défenseur se compromettre pour bloquer son tir. Il aime tirer bas pour créer des occasions de retour dans de telles situations. Il est également en mesure de prendre des tirs en positions difficiles.

Pour les aspects négatifs qui viennent souvent avec des joueurs de la sorte, Lysell joue de façon beaucoup trop individuelle. Il essaie de faire des montées à l’emporte-pièce bien trop souvent et cela se résulte en un grand nombre de revirement. C’est un patineur et un manieur de rondelle fantastique, mais ses risques sont mal calculés alors je préfère de loin voir un gars comme Eklund transporter la rondelle. Eklund transporte la rondelle en zone offensive pour pouvoir installer une attaque collective, Lysell commence sur un jeu individuel et ça se termine sur un jeu individuel. Même lorsqu’il se fraie un chemin, il bousille souvent une chance de prendre un tir au filet pour plutôt essayer de le contourner à pleine vitesse. Le taux de succès a été très faible avec ses tentatives cette saison et il se rend vulnérable pour se faire anéantir lorsqu’il jouera chez les pros en Amérique du Nord.

On pourrait mettre tous ses revirements sur le fait que le joueur tente de trop en faire et qu’il doit apprendre à simplifier son jeu, mais ça témoigne également d’un manque de hockey IQ.

Son gabarit et sa force physique sont également quelque chose qui me refroidit.
Étonnamment, avec ce qui vient de se dire, Lysell n’est pourtant pas un vilain fabricant de jeu. C’est un peu difficile à cerner, car c’est quelque chose qui est revenu souvent dans mes notes prises sur le joueur lorsqu’il est en zone offensive, mais en zone neutre il n’a aucune idée de comment utiliser ses coéquipiers.

Un autre fait surprenant de Lysell (quoiqu’étrangement, ça l’a été le cas pour bien des espoirs cette saison) il a joué du meilleur hockey dans un calibre supérieur, soit en SHL, contre des hommes, que lorsqu’il jouait contre son groupe d’âge dans la ligue des moins de 20 ans de Suède ou encore dans des matchs d'intraéquipe suédoises (U18 vs U19). Son jeu était simplifié et il apportait plus de substance. Moins de revirements et avait plus l’air d’un ‘joueur de hockey’ que d’un joueur junior. Il jouait beaucoup mieux collectivement et était plus incisif dans sa prise de décision avec la rondelle et calculait mieux ses risques aussi. Ses habitudes de travail étaient meilleures également, il ne pouvait pas uniquement se fier à son talent et devait travailler fort pour chaque possession de rondelle. Il provoquait des choses en se servant de sa vitesse tant en échec avant qu’en repli défensif. Il rodait comme un vautour partout sur la glace et avait un très bon bâton actif défensivement. Je le trouvais personnellement plus convaincant que ne l’avait été Lucas Raymond en SHL l’an dernier. Cependant, cet échantillonnage où Lysell a été autant bon ne s’est limité qu’à 3 matchs, ce qui est à prendre en considération.
Le style de joueur m’évoque beaucoup de similitudes avec Jacob Perreault (14e sur ma liste l’an dernier et repêché 30e par les Ducks d’Anaheim) et personnellement, je prendrais Perreautl devant Lysell.

Les gens associent souvent ‘spectaculaire’ à ‘potentiel’ et les questionnements que j’ai par rapport au Hockey IQ de Lysell et à sa façon d’utiliser ses coéquipiers ainsi que son manque de force physique me font me ranger dans le camp des sceptiques.

Nombre de visionnements : 28

25. Francesco Pinelli
Pinelli est un joueur que j’avais vu à plusieurs reprises l’an dernier avec les Rangers de Kitchener dans la OHL et que j’entrevoyais en lui un joueur sur qui j’aurais fait un statement en classant plutôt haut. Intelligent avec la rondelle, travaillant, marquait beaucoup de ses buts près du filet, là où se marque les buts dans la LNH, qualité de leadership, etc. Il me faisait penser à Nick Foligno.

Comme bien des joueurs cette année, Pinelli n’a guère eu le choix d’aller jouer dans une ligue obscure quelque part en Europe. C’est en Slovénie qu’il a jeté son dévolu, jouant contre des hommes.

Pinelli est un joueur de centre vraiment travaillant. Un joueur qui joue au hockey de la bonne façon ; excellente éthique de travail, se replie défensivement et attaque le filet. Il joue à un tempo rapide.

Ce n’est pas nécessairement un excellent transporteur de rondelle, ses mains et son coup de patin sont bons, sans s’élever à une catégorie supérieure. Ce qu’il fait de bien par contre est qu’il est conscient de ses limites, ce qui est un signe d’intelligence. Il ne va pas chercher à transporter la rondelle, il va plutôt la remettre à un coéquipier en zone neutre pour ensuite attaquer fougueusement la zone neutre pour se rendre en option de passe et ensuite battre un défenseur de vitesse et protéger la rondelle avec son corps. Il est à son meilleur lorsqu’il travaille ainsi, plutôt que d’essayer d’en faire trop et de déjouer les joueurs adverses.

Sans être un fabricant de jeux, il utilise bien ses coéquipiers pour recevoir la rondelle de nouveau un coup mieux positionné et peut démontrer certains flashs de vision.
Il a de bons instincts de marqueur, il peut marquer près du filet et il a suffisamment d’instinct offensif et de confiance ainsi que de mains pour se défaire de la couverture d’un premier joueur pour prendre un meilleur tir.

Sans être si similaire que ça, je projette Pinelli un peu dans la même chaise que Svechkov dans la LNH, soit celle d’un centre shutdown. Le russe est plus cérébral et a peut-être un peu plus de talent, mais je trouve Pinelli plus fougueux et il amène une dimension physique et un ‘edge’ que Svechkov n’a pas et je trouve qu’il joue à un ‘pace’ plus élevé.
Un rôle limité aux U-18 et un manque de visionnements m’a fait le descendre de quelques rangs à la toute dernière minute. Je ne suis pas certain qu’il va jouer au centre dans la LNH également. Pourrait exploser en OHL ces deux prochaines années.

Nombre de visionnements : 10

26. Aleksi Heimosalmi
Je ne suis pas vendu sur Heimosalmi, mais il a un potentiel intéressant et à ce stade-ci, il faut trouver des joueurs à insérer.

Défenseur droitier de 5’11, Heimosalmi est un excellent patineur. Sa vitesse de pointe n’est pas exceptionnelle, mais son jeu de pied l’est. Il peut recevoir une passe à la ligne bleue offensive alors qu’il est statique et complètement se défaire de la couverture d’un attaquant qui s’en vient sur lui seulement en se servant de son jeu de pied.

Le problème d’un défenseur de son gabarit est de savoir s’il sera en mesure de défendre contre des attaquants plus gros, Heimosalmi arrive étonnamment à neutraliser les adversaires le long de la bande. Malgré ses limitations, il se sert bien de son corps. Il joue assez bien sa position et ne se fait jamais déjouer dans les situations d’un contre un. En conjonction avec son jeu de pied, il utilise bien son bâton pour forcer les attaquants vers l’extérieur et ne se fait pas déborder (aussi en partie, car il a de très bons pivots).

Je ne l’ai pas vu utiliser de gros tir frappé, en fait je l’ai presque uniment vu utiliser des lancers des poignets. Il n’a pas un gros tir, mais comme je le disais avec Eklund lorsqu’il a joué à la pointe gauche en SHL, Heimosalmi a le coup de patin et la conscience de voir les espaces et les occasions de quitter sa position pour pouvoir prendre un meilleur tir.

Il est encore frêle physiquement et pourrait s’avérer un pari payant.

Nombre de visionnements : 10

27. Corson Ceulemans
Défenseur droitier de 6’2 ayant évolué dans la AJHL cette saison, Corson Ceulemans m’a rapidement évoqué des souvenirs de Braden Schneider dans mes premiers visionnements.
Il est le plus physique des défenseurs à haut pedigree de ce repêchage et il a ce côté ‘difficile à affronter’’ que les autres n’ont pas

Ceulemans est un solide patineur et il en tir profit tant défensivement qu’offensivement. Il est excellent pour empêcher les attaquants de rentrer dans sa zone. Dans l’aspect offensif, il repère rapidement les opportunités de sauter dans le jeu et il peut ‘pincher’ agressivement en zone offensive.

Il n’a pas un méchant tir, tout particulièrement son tir sur réception qui a beaucoup de vélocité.

Il est un peu limité au niveau du maniement de rondelle. Il est capable de flash occasionnel ici et là, mais au niveau supérieur ça pourrait l’exposer un peu, mais il aime bien faire un jeu assez fréquemment que je trouve impressionnant, il se fait une passe soulevée à lui-même, d’un à 2 pieds dans les airs par-dessus le bâton de l’attaquant en échec avant et récupère la rondelle quelques pieds plus loin. Ça demande de l’audace et de la confiance.

Pour poursuivre dans la lignée de son jeu offensif, bien que je ne suis pas prêt de dire que j’entrevois le voir sur l’avantage numérique dans la LNH, il est capable de faire des passes lumineuses à l’occasion. Il excelle surtout à faire un give-n-go avec un attaquant le long de la bande alors qu’il est à la ligne bleue, en faisant ça il emprisonne l’attaquant lui mettant pression à la ligne bleue et il saute dangereusement vers l’enclave avec la rondelle. Cela demande une intelligence et une vivacité d’esprit et ça met également en valeur ses capacités athlétiques.

Des points d’interrogation ont fait surface quant à son intelligence sur la glace. Ceulemans se joindra à l’Université du Wisconsin l’an prochain.

Nombre de visionnements : 11

28. William Stromgren
Ironiquement, j’ai fait tout en mon pouvoir pour éviter tout biais de récence dans mon classement cette saison, mais je finis quand même en plaçant un joueur assez haut dans mon classement que je n’avais pas aimé plus tôt cet automne.

Le biais de récence existe et ce n’est pas une mauvaise chose en soi. Les espoirs qui terminent bien l’année témoignent d’une forte progression, ce qui est l’une des choses les plus cruciales à surveiller et ceux qui stagnent ou régressent, n’atteignent que très rarement le potentiel vu en eux plus tôt.

Dans le cas de Stromgren, ce n’est pas tant une question de biais de récence, mais plus une amélioration significative dans le jeu du joueur pendant la saison qui pourrait laisser entrevoir une grosse courbe de progression.

Stromgren est un joueur que j’avais vu une poignée de matchs cet automne en Suède et je n’avais vraiment pas été entiché. Assez pour que je l’écarte de ma liste assez tôt.
Gros ailier de 6’3, Stromgren est rapide, mais je trouvais qu’il manquait d’agilité, ça lui prenait beaucoup d’espace pour tourner. Je trouvais aussi que mécaniquement il y avait des défauts dans son patin; sa phase de récupération est un peu lente ce qui diminue sa cadence de patin, peu d’extension à la hanche, le haut du corps bouge beaucoup à l’occasion et ses croisées sont plutôt court, saccadés et génère très peu de puissance.

Malgré tout cela, Stromgren demeure quand même rapide alors on peut demeurer optimiste et se dire qu’il ne peut qu’améliorer cet aspect de son jeu.

Il possède tout un tir, mais je trouvais qu’il n’avait aucune idée de comment se démarquer sur la glace pour utiliser son tir, même en avantage numérique. Son sens du jeu tirait trop de l’arrière pour que j’entrevoie quoi que ce soit avec lui.

Et puis dans le mois de mai, je suis allé retourner voir 3 matchs de Stromgren cet hiver en ligue suédoise et puis j’ai vu un joueur complètement transformé. Son sens du jeu était bien meilleur, j’ai vu de très bons flashs de vision aussi que je n’avais pas vu plus tôt. J’ai pris connaissance à quel point ses mains sont excellentes, probablement parmi les meilleurs de tout le repêchage. Il s’est mis à jouer avec confiance et à défier les défenseurs avec sa vitesse et ses feintes et son tir est demeuré tout aussi dangereux.
Lors du tournoi U -18, il n’a pratiquement pas joué lors des 4 premières périodes et ça lui a pris quelques matchs avant de commencer à avoir du temps en avantage numérique, mais il a gagné la confiance de son entraîneur au fur et à mesure que le tournoi progressait et a terminé sur le 2e trio.

Ce qui fait de Stromgren un espoir aussi alléchant est qu’il a eu une progression fulgurante pendant la saison, et le fait qu’il a encore un indice de masse corporelle très bas à 6’3 176 lbs son IMC est à 22 et en moyenne, les joueurs de la LNH sont entre 25.5 et 27, ce qui donnerait au minimum un 25 lbs à prendre. Il est relativement très jeune pour son repêchage encore. Alors j’entrevois une grosse éclosion dans son cas. Son profil d’espoir me rappelle Roby Jarventie l’an dernier.

Nombre de visionnements : 12

29. Ville Koivunen
Un joueur au potentiel de développement intéressant, Koivunen est un ailier gauche Finlandais de 5’11 encore immature physiquement. Il a évolué avec Karpat dans la ligue des moins de 20 ans en Finlande avec, entre autres Aatu Raty et Samu Tuomaala.

La plus grande force de Koivunen est son intelligence sur la glace. Cette force s’entrevoit dans la patience avec laquelle il joue; il est en mesure de ralentir le rythme du match, il fait jouer les défenseurs sur leurs talons (ils doivent se méfier de lui puisqu’il a amplement le talent et les mains pour se moquer de leur couverture à un contre un), il est très créatif offensivement et voit des lignes de passes que peu de joueurs peuvent voir et il a le talent pour créer une chance de marquer à partir de pas grand-chose. Il est à mes yeux l’un des joueurs les plus intelligents de ce repêchage.

Il manque toutefois de force physique et de dynamisme dans son patin, mais il est fort possible que les deux soient interreliés et qu’en gagnant en masse ainsi qu’en force musculaire son patin s’améliore. D’ailleurs, c’est un aspect sur lequel il s’est fait significativement de progrès cette saison et c’est digne de mention.

Parlant de son physique, oui il est encore relativement frêle, mais pour les joueurs dans ce moule ce qui nous intéresse c’est de savoir si le joueur démontre de la combativité et un enclin à aller dans les endroits payants et c’est le cas pour Koivunen. Il n’est pas gros, mais travaille très bien le long des rampes.

Il a un potentiel intéressant et son intelligence et ses talents de fabricants de jeux me font penser à un certain Teuvo Teravainen.

Ceux qui me suivent depuis un bout savent que je trouve que la Liiga est plutôt surévalué. Repêcher Koivunen je chercherais à le faire venir en sol d’Amérique du Nord pour qu’il évolue dans la CHL.

Nombre de visionnements : 10

30. Ayrton Martino
Martino est un attaquant aux habiletés offensives indéniables. Il est un fantastique fabricant de jeux. Sa vision et son intelligence sur la glace figurent très, très haut parmi ses pairs dans ce repêchage. Il possède une très bonne créativité offensive et il est dur à lire pour les défenseurs adverses, car ses mains et ses pieds bougent à la même vitesse et il semble toujours avoir un coup ou deux d’avance sur les autres joueurs. Martino est un joueur qui veut la rondelle sur son bâton et qui veut faire la différence dans le match.
Depuis que je suis les espoirs, je n’ai jamais vu un joueur obtenir autant d’échappés sur la glace. Il triche offensivement (ce sera abordé plus tard), mais il a également un bon sens de l’anticipation et met beaucoup de pression sur le porteur de la rondelle et provoque régulièrement lui-même ses propres échappés.

Il a passé la majeure partie de la saison à la pointe gauche lors des avantages numériques. Vers la fin de la saison, on l’a employé plus bas vers la ligne des buts, mais personnellement je préfère le voir jouer plus haut, là où il peut contrôler le jeu et faire bouger la défensive adverse avec son patin et sa créativité.

Il a dominé en USHL cette saison en tant que recrue, ce qui est digne de mention et laisse entrevoir de belles choses pour la suite.

Pour ce qui est des éléments ternissant le profil du joueur et qui m’effraient, Martino est un joueur que je trouve frileux sur la glace, voir, peureux un peu. Il joue légèrement trop en périphérie à mon goût et lors des escarmouches après le sifflet, il cherche à se sauver.
Il a une forte tendance à tricher offensivement ce qui fait que, souvent, il devient un joueur d’une seule zone et offensivement, ce n’est pas lui qui va ressortir des coins de patinoire avec la rondelle.

Plus tôt en saison, je n’aimais vraiment pas son jeu lors des désavantages numériques. Je trouvais qu’il jouait beaucoup trop bas, donnant de l’espace aux joueurs à la pointe où qu’il ne sût pas trop où donner de la tête et courrait un peu partout sur la glace. C’était probablement chercher des poux un peu, car ça ne risque pas d’être la chaise qu’occupera le joueur dans la LNH. Cela dit, il a énormément progressé à cet effet pendant la saison. Son jeu avec son bâton, son sens de l’anticipation et sa vitesse lui ont même permis de provoquer des surnombres.

Il est aussi l’un des plus vieux de ce repêchage.

L’autre raison prévalente qui me refroidit dans le cas de Martino est qu’il se joindra à l’université de Clarkson en NCAA. Dans les 10 dernières années, ce programme n’aura produit qu’un seul joueur de la LNH et il est arrivé l’an dernier, soit Nico Sturm du Wild du Minnesota.

Nombre de visionnements : 18

31. Josh Doan
Comme à chaque année, je termine mon classement avec une grosse surprise (quoique cette année il y en avait plus qu’une)

Fils de l’ancienne figure des Coyotes de Phoenix, Josh est un attaquant qui a été ignoré lors du repêchage de l’an dernier.

Ayant évolué tant à l’aile qu’au centre, Doan a joué majoritairement avec Sean Farrell cette saison. La ‘release’ sur son lancer du poignet est tout simplement létale faisant de lui un très bon marqueur. Il possède aussi de très bonnes mains, aimant bien revenir vers la ligne bleue offensive lorsqu’il a la rondelle, regagnant ensuite le centre y allant d’une feinte ou deux au passage, il aime aussi faire ce jeu patinant de reculons comme le ferait un quart-arrière à la ligne bleue et en faisant bouger la défensive adverse.
Doan joue intelligemment et de la bonne façon. Il peut retarder ses jeux de façon brillante pour ouvrir des options, il peut jouer à différentes vitesses, ce qui témoigne d’un très bon Hockey IQ. Il est bon en entrée de territoire et peut varier ses attaques et jouer Est-Ouest.
Il y a une différence entre un bon joueur junior et un joueur qui a les qualités nécessaires pour devenir un joueur efficace à un prochain calibre et je vois ces attributs en Doan. Malgré quelques superbes feintes ici et là, Doan n’est pas un joueur qui garde la rondelle trop longtemps sur son bâton, prenant très souvent de bonnes décisions avec la rondelle. Il a aussi une bonne éthique de travail, protège bien la rondelle et peut frapper le long des rampes aussi. L’aspect physique de son jeu passe un peu trop sous le silence à mon gout même si ce n’est pas la première qualité qui nous vient à l’esprit lorsqu’on parle de lui.
Il jouait pour une puissante équipe à Chicago et il faut garder cela dans l’équation, mais Doan est également un late-bloomer typique. L’an dernier Chicago était tout autant ‘stacked’ comptant sur Brisson et Colangelo et même Gunnarwolfe Fontaine. Doan était relégué à un rôle de soutien. Il y a aussi le fait qu’il s’est énormément développé physiquement dans cette période.

Son père Shane a mentionné en entrevue que Josh ne pesait que 157 lbs l’an dernier et n’était en mesure que de compléter 4 chin-up, cette année à la période des fêtes il était bien en haut de 180 lbs et pouvait faire 24 chin-up (toujours selon les dires du paternel).
Parlant de Doan, j’aimerais rendre crédit à Craig Button, analyste à TSN. C’est vers la fin du mois de février que j’ai commencé à être convaincu que Doan mériterait une sélection au repêchage et je voyais en lui un choix pour les rondes 4-5, discutant de cela avec Button il m’avait répondu que Doan était un choix top 50. Quelques mois plus tard, force d’admettre qu’il était en avance sur tout le monde sur ce sujet.

À l’image de la majorité des joueurs dans mon classement, je ne sélectionnerais pas Doan au rang où je l’ai classé, dans le meilleur des mondes j’aimerais le piger en 3e ronde, mais je suis pas mal convaincu que des équipes regardent pour lui en 2e ronde alors tout dépendant de l’endroit où je repêcherais et de qui est disponible sur mon tableau, c’est possible que je le sélectionne dans la 2e moitié de la 2e ronde.

À un certain moment j’ai même été tenté de le classer devant Knies, il peut être aussi bon que ce dernier par son jeu sans la rondelle et je le trouve plus intelligent dans sa prise de décision. Doan n’aurait pas fait ses 75 pts s’il avait évolué à Tri-City, mais je ne pense pas que Knies aurait produit énormément plus à Chicago, on a qu’à regarder Mackie Samoskevich qui est facilement plus talentueux que ces deux joueurs et qui n’a pas eu des statistiques à tout casser à Chicago, même en jouant avec Farrell en début de saison et avec Coronato pour finir. Doan a d’ailleurs pris la place de Samoskevich dans le Bumper lors des avantages numériques vers la fin de la saison.

Il a, à mes yeux, été le meilleur joueur de Chicago lors de la finale de la Coupe Clarke, ce qui mérite d’être souligné

Premier joueur de 19 ans depuis Samuel Fagemo que j’ai en première ronde, mais ce dernier était dans mes cartes cachées en 2018 et je l’aurais repêché dès la 4e ronde alors on peut dire que c’est la première fois que je mets un overager aussi haut

Dans un scénario idéal, je crois que Doan pourrait devenir un genre de Zach Hyman, ce qui est excellent.

Nombre de visionnements : Aux alentours de 20

Catégorie ‘les exclus’ : Dans un domaine aussi subjectif que le recrutement, il me paraît plutôt invraisemblable que les gens aiment tous les joueurs issus d’un repêchage, mais qu’également, ils aiment les mêmes. Vous avez pu constater les divergences que compose ma liste par les joueurs à qui je voue une appréciation, mais aussi par les omissions notables qu’elle contient.

Cette catégorie sert à présenter ces joueurs. Ce qu’il y a d’un peu différent cette saison est que j’ai inséré des joueurs dans cette catégorie qui ont, à un certain point dans la saison, figuré dans mon top 32.

Maintenant, quitte à savoir où je repêcherais cesdits joueurs, en toute franchise, ce sont des joueurs sur qui je ne jetterais tout simplement pas mon dévolu.
Je ne prétends pas détenir la vérité et tout comme les joueurs que j’ai en plus haute estime, il est possible que je me fourvoie. Ce ne sont pas de mauvais joueurs pour autant, mais il m’est difficile d’envisager quitter la table de repêchage avec des joueurs qui me laissent tiède.

Rendu à la 2e ronde, on voit assez régulièrement des équipes échanger leur choix contre celui d’un autre club l’année suivante.

Nikita Chibrikov

Chaque année il y a des joueurs dont je me fais une idée initiale pour ensuite en dévier drastiquement, pour finalement revenir à mon point de vue de départ. Ce fut le cas avec Chibrikov cette saison.

Après quelques matchs en MHL, je trouvais le joueur talentueux, mais je ne voyais pas un choix de première ronde. Puis à l’automne il a joué de l’excellent hockey en VHL et il a grimpé de manière fulgurante sur ma liste, pour finalement ressortir de mon top 32 et de mes cibles.

Chibrikov est un joueur offensif et c’est assez apparent, il a de bonnes mains et un très bon IQ offensif, il peut battre des joueurs à un contre un, mais surtout, il peut orchestrer des attaques collectives et bien faire circuler la rondelle et créer des jeux pour ses coéquipiers.

Techniquement parlant, son coup de patin est sans faille, son tronc est incliné, ses genoux sont fléchis au bon angle et il a une bonne extension à la hanche, la cadence de ses pieds est très bonne aussi et il est constamment en mouvement
En début de saison je le trouvais meilleur que son coéquipier et choix de 2e ronde l’an dernier, Marat Khustudinov et j’en étais venu à me demander à un certain point si je ne prendrais pas Chibrikov devant Rodion Amirov, mais deux des raisons pourquoi je n’ai pas penché en sa faveur est que de un, son tir n’est vraiment pas une menace et de deux, physiquement il se fait bousculer très facilement. Et ça ce n’est pas parler de son style de jeu qui l’expose à recevoir de très grosses mises en échec.

Cela dit, il faut lui donner, Chibrikov ne manque pas de chien. Il joue avec un ‘edge’ et il a une force de caractère impressionnante. Je l’ai vu donner de très bonnes mises en échec, certaines même assez limites, je l’ai vu être le premier à sauter dans une mêlée après qu’un de ses coéquipiers fut mis en échec durement,

Dans un match en VHL cet hiver, Chibrikov s’est fait frapper très durement à la tête, la séquence d’après il était devant le filet en PP et essuyait les doubles-échecs pour finalement marquer sur une redirection et ensuite en s’appropriant son retour. Le hic c’est que dans le même match il a reçu deux autres grosses mises en échec, chose qui est monnaie courante dans son cas, même face à des moins de 18 ans il a été victime de très grosses mises en échec.

Je ne suis pas très fervent de son jeu en protection de rondelle, il ne se sert pas très bien de son corps et des joueurs au gabarit similaires comme Eklund le font très bien, et il ne place pas la rondelle à des endroits difficiles d’atteinte pour le bâton des défenseurs adverses un expert à cette facette à son année de repêchage était son compatriote Vasili Podkolzin.

Son jeu défensif en début de saison en MHL était une faiblesse majeure, très souvent il demeurait hypnotisé par la rondelle ce qui se résultait en couverture de son homme manqué, ou il ne coupait pas bien les lignes de passes, mais après un séjour de 9 matchs en KHL (dont je n’ai regardé aucun match) ces erreurs ont tous disparu. Il a dû apprendre beaucoup dans ce court séjour. Si je ne m’abuse, il a joué assez régulièrement en désavantage numérique en VHL par moment.

La grandeur et le poids réel des joueurs a toujours été quelque chose dont on doit se méfier légèrement. Chibrikov est listé à 5’10 et lorsqu’il était à côté de Red Savage qui fait aussi 5’10 (et qui n’est pas particulièrement gros), Chibrikov avait l’air un bon pouce ou deux plus petit.

Je l’avais probablement monté trop haut à cause de quelques excellents matchs en VHL. Par la suite il a été bon sans plus pendant un bon moment, mais le fait qu’il jouait dans une ligue d’homme je lui laissais le bénéfice du doute, mais en séries en MHL il a été très, très décevant, même son niveau d’intensité était très bas, ce qui est vraiment surprenant dans son cas et face aux meilleurs de son groupe d’âge au U-18 il ne m’a pas impressionné plus qu’il ne le faille (il a aussi été très indiscipliné lors de ce tournoi), tout ça explique son exclusion de ma liste.

Nombre de visionnements : 36

Zachary Bolduc :
Bolduc est un joueur qui a descendu beaucoup et rapidement de ma liste, mais contrairement à plusieurs autres joueurs, je ne peux pas parler de déception. Dans son cas, c’est probablement juste une mauvaise évaluation trop hâtive et optimiste de ma part.
De voir un jeune de 16 ans marquer 30 buts à sa saison recrue dans la LHJMQ avec un violent tir et avoir un style de jeu qui ressemble déjà à celui d’un pro, plus deux premiers excellents matchs cette saison et je voyais Bolduc avoir une ascension rappelant celle de Pierre-Luc Dubois en 2016.

En cette date, j’aimais le fait que Bolduc travaillait fort dans les deux sens de la glace et qu’il pouvait se montrer utile de plus d’une façon, il se servait très bien de son corps avec et sans la rondelle et j’avais vraiment été impressionné de la façon dont il dirigeait l’avantage numérique de l’Océanic, évoluant à la pointe gauche. Il se déplaçait beaucoup en contrôle de rondelle et faisait bouger la boite défensive adverse juste en se servant de sa mobilité et il faisait circuler dangereusement le disque en le remettant constamment à l’embouchure du filet.

Par la suite les choses ont commencé à se corser. Il ne semblait pas très à l’aise à transporter la rondelle en zone neutre, ses attaques étaient peu variées et comme joueur de centre, il était en mesure que de gagner la zone que par les ailes. Son intelligence offensive a commencé à sembler plus limitée aussi.

Bolduc joue avec un bâton trop long, ce qui limite son maniement de rondelle en espace restreint et ses tirs lorsqu’en mouvement

Une des choses que je lui reproche le plus (et peut-être que c’est trop sévère de ma part) c’est qu’il semblait étouffé par la pression d’être le ‘Go-to-Guy’ avec l’Océanic. À sa défense c’était un club très faible et il est très jeune, il a aussi eu une saison entrecoupée de blessures et n’a jamais pu prendre son erre d’aller.

À partir de la mi-janvier il a commencé à jouer hors l’aile, soit à l’aile droite et le changement lui a été très profitable, sans les responsabilités de jouer au centre. En fait il a joué aux deux ailes, et du coup, aux 3 positions d’avant pendant l’année.

Sur l’avantage numérique, on l’a aussi fait passer de la pointe gauche à la pointe droite. Il n’était plus en mesure de contrôler le jeu comme il le faisait plus tôt, mais ça lui permettait d’exploiter son excellent tir, qui est son meilleur attribut.

Je trouve que sa créativité offensive n’est pas suffisamment développée pour le voir jouer sur un trio offensif et l’avantage numérique dans la LNH et je trouve qu’il ne joue pas avec assez de chien et de hargne pour lui trouver une chaise dans un rôle de soutien.

Cela dit, il a des atouts et il est responsable défensivement, il a une bonne éthique de travail et il pourrait être un tireur sur un bottom-6. La situation à Rimouski lui a nuit, car ça l’arrivait souvent qu’il était en très bonne position, mais la rondelle ne parvenait jamais à lui.

Espoir inférieur à ce qu’étaient des gars comme Isaac Lundestrom et Jan Mysak à leur année de repêchage à mes yeux.

Nombre de visionnements : 15

Zachary l’heureux
L’Heureux est un joueur dont la réputation ne concorde pas nécessairement avec le joueur. Dépeint comme un joueur très robuste, intense et difficile à affronter, l’éthique de travail de L’Heureux est en fait l’un des gros points d’interrogations que j’ai avec lui.

Il ne frappe pas autant qu’on le dit et beaucoup trop souvent, lorsqu’il applique une mise en échec, il se sort du jeu. Il a plusieurs absences où il arrête de bouger ses pieds et est aussi très lent à apporter du support à ses coéquipiers lors des batailles le long des bandes.

Son hockey IQ est aussi quelque chose que je n’aime pas et que je trouve faible, il n’est pas très créatif offensivement ; des passes télégraphiées, ralentis le jeu sans savoir quoi faire avec la rondelle par la suite et prends des risques inutiles lorsqu’il a la rondelle dans sa zone et évalue mal ce qu’il se passe autour de lui.

Défensivement, il a souvent un mauvais positionnement et a la fâcheuse manie d’arrêter d’être en mouvement.

Il a eu une bonne saison recrue, car il jouait déjà dans un corps mature physiquement, mais cette saison, quand on regarde de plus près sa production offensive on s’aperçoit qu’il a engraissé sa fiche contre un club du Cape-Breton très faible avec 28 pts en 13 matchs et qu’il n’a récolté que 6 pts en 15 matchs contre Charlottetown.

Nombre de visionnements : 10

Evan Nause
Nause est un joueur qui m’a fait une première impression fortement favorable et faut dire qu’il est difficile à manquer. Défenseur gaucher de 6’2 doté d’une longue portée, Nause possède une superbe mobilité dans les quatre directions et est très vif à sauter dans l’action, peu importe, l’endroit sur la glace, que ce soit pour ‘pincher’ à la ligne bleue pour prolonger une attaque, en zone neutre pour interrompre une relance adverse, pour assister un coéquipier dans une bataille le long des rampes ou pour appuyer l’attaque profondément en zone offensive. Son patin lui permet aussi de ‘tourner sur un 10 cenne’ efficacement pour échapper à la pression.

Il est très alerte sur la glace et reconnait bien les situations et ne prend pas de mauvais risques, avec ou sans la rondelle.

Il a également une très bonne coordination main-œil pour frapper les rondelles au vol et empêcher des sorties de zone ou des dégagements en son territoire.
Ses habiletés avec la rondelle et sa vision offensive semblent latentes, il y a définitivement du potentiel là, mais à chaque fois dans la saison que ça semblait vouloir se concrétiser, il manquait un petit quelque chose pour solidifier son statut d’espoir légitime à la première ronde.

Là où ça se corse le plus, est que Nause est souvent impliqué dans plusieurs erreurs par match, je lui ai accordé le bénéfice du doute toute la saison, car souvent ce n’était pas la décision qui était en tort, mais plus l’exécution, ça l’arrivait également que c’était ses coéquipiers qui étaient pris hors position, parfois ce n’était qu’une question d’une légère imprécision d’une passe de quelques pouces à peine, parfois des petites erreurs de concentration. Mais ces scénarios se sont produits trop régulièrement et il n’était pas le défenseur le plus utilisé dans les situations cruciales par Patrick Roy et à cause qu’offensivement je n’en voyais pas suffisamment (son tir n’est pas très menaçant), ça en fait une projection pas très haute dans l’alignement. On parle peut-être d’un 5e défenseur, j’aime encore le joueur et je vais suivre son développement avec intérêt, mais je ne suis pas prêt à dire que je le sélectionnerais là où il va être choisi.

À plusieurs reprises cet hiver je voyais des parallèles avec Matthew Knies, joueur dont tu vois les outils et qui montre des flashs très intéressants, mais qui est toujours qu’à quelques petits détails ou à quelques pouces de connaitre une brillante soirée, mais qu’au final, ça ne mène pas où à ce qu’on aimerait. Quand ça se répète sur des dizaines de matchs, on finit par lâcher prise.
Nombre de visionnements : 15

Sasha Pastujov
Pour être franc, je n’ai jamais été un grand fan de Pastujov, le manque de talent n’est aucunement le problème. Il a de bonnes mains et est toute une menace sur l’avantage numérique, il est en mesure de faire des passes traversant la boîte avec aisance et il a tout un tir sur réception. Il a une bonne vision du jeu et cache bien ses intentions lorsqu’il est en possession de rondelle le rendant imprévisible pour l’adversaire. Seulement, son patin est assez ordinaire, son jeu à 5 contre 5 est plutôt inefficace et je ne le trouve pas très compétitif et plutôt facile à tasser.

Nombre de visionnements : Aux alentours de 20

Aatu Raty
Dire que je me suis fait pratiquement traiter d’extrémiste pour avoir dit au tout début de la saison que Raty n’était pas un espoir de calibre de première ronde, il est maintenant perçu comme espoir ne perçant même pas le top 50 de bien des recruteurs de la LNH
Ce sont les dangers des classements préliminaires. La projection est encore plus hâtive, parfois on voit les faiblesses du joueur, mais on prévoit que ça va être corrigé dans l’année qui suit. Ce qui ne se produit pas toujours. Dans le cas de Raty, une forte performance à 16 ans au tournoi des U-17 lui a conféré un statut qui a est demeuré beaucoup trop longtemps attaché au joueur. Au tournoi des 5-Nations en février 2020, Raty n’avait été en aucun cas supérieur à Eklund et Lysell qui étaient également des 2021 présents (pour Raty et Eklund, étant des late c’était leur seule participation au tournoi, Lysell était un underage et en temps normal il y a aurait été cette année aussi).

Dès mes premiers visionnements de Raty cette saison (fin aout début septembre) j’ai été complètement renversé de voir que ce joueur bénéficiait d’une si forte réputation.
Depuis que je suis les espoirs, Raty est peut-être bien le pire patineur que j’ai vu pour un joueur consenti comme choix de première ronde, ne parlons même pas du fait qu’il a longtemps été vu comme premier choix universel. Sa foulée est très saccadée, tout particulièrement dans ses premières enjambées, on n’y retrouve pas d’extension à la hanche et très peu de flexion au niveau des genoux, il n’a vraiment pas d’agilité sur la glace et son équilibre semble également une lacune. Sa base de sustentation est beaucoup trop étroite, ses pieds sont beaucoup trop près les uns des autres et ça l’empêche de pousser correctement sur les côtés pour générer suffisamment de puissance. Pendant la saison, il a fait quelques progrès au niveau de sa vitesse, mais il demeure en dessous de la moyenne à mes yeux et au niveau mécanique, ce n’est pas plus joli. Et même sur certaines séquences où je n’avais pas de problème avec sa vitesse, les défenseurs pouvaient facilement se défaire de lui avec un léger changement de direction puisqu’il n’a pas l’agilité pour suivre.

Son jeu sans la rondelle lors de ces matchs semblait douteux, au mieux. En tant que centre il n’avait aucune idée comment défendre les contre-attaques de l’équipe adverse, il ne savait pas quand il devait patiner de reculons, quand appliquer de la pression, quand laisser un peu d’espace et couvrir une zone ou des lignes de passes.

Pour poursuivre sur son jeu défensif, en Liiga il jouait comme un joueur ne voulant pas faire d’erreur alors il jouait l’ombre de son homme, le suivant partout sur la glace et le collant en permanence. Certains diront que c’est bien défendre, mais ce n’est pas de cette façon qu’il va couper des lignes de passes et lancer une contre-attaque.

Offensivement je ne vois rien d’emballant non plus. Il a un très bon tir des poignets et un très bon maniement de rondelle. Il va être bon pour manœuvrer alors qu’il a quelques joueurs autour de lui et lui mettant de la pression, mais ce n’est pas un joueur qui a des ‘mains’ pour être en mesure de déjouer des défenseurs 1 contre 1. Il n’est pas en mesure de gagner la zone offensive par une grande variété de jeu, ce n’est certainement pas lui qui va le faire en débordant des défenseurs de vitesse.

Dans la zone offensive il n’est pas très bon pour cacher ses intentions avec la rondelle et il est très prévisible dans son jeu et très télégraphié dans ses passes. Ne montre pas de créativité offensive. Même dans la ligue des moins de 20 ans en Finlande, je ne le trouvais pas dominant et je ne trouvais pas que c’était lui qui menait la charge, ni à forces égales et pas même sur l’avantage numérique.

Il ne figurerait tout simplement pas sur ma liste, je ne vois aucun intérêt à le classer quelque part, sachant très bien que je lui préfèrerais des joueurs que je sais qui vont être disponibles plus tard. Je ne le sélectionnerais même pas en deuxième ronde. J’ai arrêté de le regarder après le mois de janvier. À ce moment plusieurs personnes m’avaient dit qu’il jouait beaucoup mieux, fait véridique, mais la seule amélioration que j’avais notée était qu’il était meilleur pour se démarquer près du filet et dans les zones payantes sans la rondelle. Je n’ai pas vu de progrès au niveau du patin ou au niveau de sa créativité offensive.

Nombre de visionnements : 16

Mackie Samoskevich
Étant un joueur que j’avais trouvé fantastique l’an dernier, Samoskevich figurait dans le sommet des joueurs que j’avais le plus hâte de voir cette saison.

Force est d’admettre que ça ne s’est pas produit sans quelques déceptions.

En termes d’habiletés pures, on pourrait formuler l’argument que Samoskevich se situe dans les 15 plus talentueux de ce repêchage. Il est un excellent patineur en ligne droite et il est fantastique pour transporter la rondelle, il a cette vitesse de séparation où il peut délaisser son plus proche poursuivant derrière, il peut battre les défenseurs de vitesse et les contourner aisément et il aussi de superbes mains qui lui permettent de déjouer ses adversaires à pleine vitesse.

Son tir est vraiment sous-estimé, il possède un lancer extrêmement puissant. Tant son tir sur réception que son lancer des poignets. Il a également les mains, la créativité offensive et les habiletés de patin pour lui permettre de changer ses angles de tirs ce qui en fait un joueur imprévisible et dangereux.

Il a montré des bons flashs de fabricant de jeux où il va tromper tout le monde sur la glace attendant à la toute dernière seconde avant de faire un jeu. Cependant, bien que spectaculaire et impressionnant, on ne peut pas parler d’un fabricant de jeu ‘efficace’ puisque ce sont souvent des jeux flashy qui nécessitent quelques feintes ou une montée avant et qui sont des jeux à taux de succès pas très élevé.

Comme mentionné dans le profil de Coronato, plus tôt dans la saison j’étais un peu en désaccord avec l’endroit où on employait Samoskevich en avantage numérique, j’aurais aimé le voir jouer à l’un des half-wall pour le voir contrôler le jeu. Je trouvais que le ‘bumper’ (ou à l’intérieur de la boite défensive) ne lui convenait pas très bien; pas le joueur le plus gros ni le plus combatif et je ne trouvais pas qu’il avait le profil de joueur pour sauter sur les rondelles libres. Un peu plus tard on l’a fait jouer plus haut, dans le centre (en haut des cercles), là où il pouvait utiliser son dangereux tir des poignets en vendant ses intentions aux défenseurs adverses.

Là où les choses se corsent est que la production de Samoskevich est bien inférieure à ce qu’un joueur de son talent devrait avoir comme fiche offensive et l’impact qu’il a dans un match est également très décevant.

C’est difficile de lui trouver une chaise dans la LNH, car j’ai de la difficulté à le voir sur un bottom-6 et offensivement, il y a aussi beaucoup de déchets dans son jeu qui en fait un joueur risqué et qui n’est pas aussi bon que ses flashs ne le démontrent.

Il force beaucoup de lignes de passes inexistantes, il commet aussi plusieurs revirements lorsqu’il essaie de traverser la glace d’un bout à l’autre et de se frayer un chemin entre deux défenseurs, il patine souvent lui-même directement dans des endroits morts, souvent lorsqu’il a la rondelle dans les montées en surnombre, il dérive vers l’extérieur, comme le faisait Sam Colangelo l’an dernier et ça se résulte en une chance bousillée. Il ne semble pas toujours savoir quoi il va faire avec la rondelle et il devient un joueur imprévisible pour ses coéquipiers également.

Il a pivoté son propre trio et souvent avec Farel à son aile, mais vers le début du mois de mars ou la mi-mars, on a commencé à le faire jouer à l’aile de Coronato et il ne faisait pas grand-chose. On l’a aussi enlevé de la première vague d’avantage numérique.
Nombre de visionnements : 26

Samu Tuomaala
Un joueur que j’appelle depuis le début de la saison un Fabian Lysell des pauvres. Sa stature, son patin, son dynamisme avec la rondelle et le petit côté individuel me rappellent beaucoup le suédois.

Tuomaala est un rapide patineur qui a d’excellentes mains et beaucoup de confiance en lui. Lorsqu’il transporte la rondelle, il excelle en transition grâce à ces qualités.

Son meilleur atout demeure cependant son tir. On peut possiblement parler du meilleur tir sur réception de tout le repêchage.

Étonnamment, je l’ai vu donner d’assez grosses mises en échec pendant l’année et ce n’est pas très mentionné, cela dit, ce n’est pas le type de joueur qui termine chaque mise en échec et qui joue avec un côté abrasif.

Les talents de marqueurs sont alléchants, mais Tuomaala joue un peu trop en périphérie à mon goût et malgré tout son talent il laisse souvent des performances tièdes. Il joue trop individuel.

Nombre de visionnements : 25

Logan Stankoven
Stankoven est un cas curieux, lorsque je relisais les notes que j’avais sur le joueur, il y avait plus de positifs que de négatifs, mais ça se terminait toujours par ‘Not a fan’. Il est un bon joueur talentueux qui possède les intangibles qu’on recherche chez un tel joueur, mais les limites que représentent son gabarit ET son patin, je ne peux faire autrement que de me ranger dans le camp des sceptiques.

L’an dernier j’avais regardé les Blazers à maintes reprises pour regarder son coéquipier Connor Zary et déjà Stankoven faisait parler de lui. Il trouvait un moyen de marquer des buts sur une base régulière et de toutes les façons, mais malgré cela, je n’ai jamais vu un choix de première ronde dans le joueur.

Stankoven a joué la position de centre cette année à Kamloops, mais il ne fait aucun doute qu’il devra jouer à l’aile s’il aspire à jouer au niveau supérieur.

Il est avant tout un marqueur de but, et ça, il le fait très bien. Il a tout une dégaine sur son lancer des poignets ! Il a d’excellents instincts de marqueurs et il se démarque de la couverture défensive de façon active, ce que j’aime beaucoup. Cela démontre de la combativité et ça permet de garder les pieds actifs. Il sait aussi reconnaitre les endroits libres sur la glace. Lorsqu’il a la rondelle, il ne précipite jamais ses lancers. Il cherche toujours à faire bouger les défenseurs adverses pour se donner un meilleur tir.
Sans dire qu’il est unidimensionnel, à part son tir, le reste de ses atouts offensifs ne sont pas dignes de mention plus qu’il ne le faut. Il a une bonne éthique de travail et il ne craint pas d’aller au filet malgré un joueur de son gabarit.

Outre son gabarit, son coup de patin, comme mentionnée plus tôt est une faille majeure dans son jeu. Sa foulée de patin est courte et saccadée, son tronc est trop vertical, on n’y retrouve pas d’extension à la hanche lors de sa foulée et il pousse vers l’arrière plutôt que sur les côtés.

Chaque année, un petit joueur arrive dans la LNH et y connaît du succès et les gens sont portés à croire que les temps changent et que les tendances vont s’inverser, mais même s’il est combatif, Stankoven n’a pas un coup de patin de la LNH et n’a pas suffisamment d’outils dans son coffre pour avoir ce qu’il faut pour s’acclimater et occuper différents rôles.

Nombre de visionnements : 10

Carson Lambos
Je ne l’ai vu que 2 matchs en WHL et j’avais plusieurs joueurs à épier. Au nombre de visionnements que j’ai sur les autres joueurs, je ne trouve pas ça très intègre de me permettre de classer un joueur avec un si petit échantillonnage. Je l’avais vu un match en Finlande et j’avais beaucoup aimé ce que j’avais vu. J’ai préféré m’abstenir d’aller voir les matchs qu’il a joués tôt en saison puisqu’il devait composer avec une acclimatation dans un nouveau pays, sur une glace de taille différente et dans des styles de jeux différents. Un peu la même histoire pour Logan Mailloux.

Cible pour les rondes subséquentes : Comme le repêchage de 2021 est très faible, on y compte bon nombre de mes cibles pour la 2e ronde à l’intérieur de mon top 32. On parle alors ici de cible pour les rondes 3 à 5.

Personnellement, je préfère garder le nombre de ces joueurs présentés plutôt restreints. Ce sont des joueurs que je ciblerais et aimerais bien quitter le repêchage avec eux (à la ronde adéquate). J’aime un peu moins l’idée de présenter un gros bassin de joueurs, c’est plus difficile par après de faire sa crédibilité lorsqu’on a présenté une panoplie de joueurs et qu’un ou deux percent.

Dans les dernières années, j’ai présenté les défenseurs Albert Johansson et Zac Jones dans cette catégorie. Jones est déjà dans la LNH avec les Rangers de New York et Johansson vient de connaître toute une saison en Suède et est très prometteur pour les Red Wings de Detroit. L’an dernier il y avait l’attaquant Landon Slaggert que je voyais devenir un excellent employé de soutien à la Chandler Stephenson (avant que ce dernier hérite du rôle de premier centre à Vegas) et il vient de connaître une saison recrue d’un point par match en NCAA.

Red Savage
Fils de Brian, ancien joueur du CH, Savage est une cible pour la fin de la 3e ronde ou le début de la 4e ronde, dans un scénario idéal.

Red est très facile à apprécier. Lors de la saison, j’ai épié bien au-delà de 100 joueurs et je ne serais pas inquiet de dire que Savage a probablement la meilleure éthique de travail parmi tous ceux-ci.

Joueur de centre de 5’10, on parle principalement d’un joueur de rôle. Joueur auquel tu confies des responsabilités défensives, que tu fais jouer en fin de match, lors des désavantages numériques et pour prendre de grosses mises en jeu. Il fait d’excellentes lectures en défensive, il a un très bon sens du jeu, son positionnement sans la rondelle est impeccable et il a un bon sens de l’anticipation ce qui lui permet de briser de nombreuses attaques de l’adversaire. Il cause également bien des choses avec son jeu en échec avant.
Il joue de la bonne façon et excelle dans les petites facettes du jeu, c’est un joueur en qui ses entraîneurs, peu importe le niveau où il jouera, auront une foi inébranlable.

Offensivement il a suffisamment de qualité pour dire que cela en fait un espoir légitime, malgré sa stature il excelle à attaquer le filet, tirant avantage de ses limitations physiques, il abaisse son épaule pour gagner en levier sur ses adversaires. Couplé à une vitesse plus qu’acceptable, cela en fait une de ses principales flèches à son arc offensif. Il a également de bonnes mains lorsqu’il se retrouve en situation un contre un face au gardien. C’est aussi un fabricant de jeu très, très sous-estimé

Cole Jordan
Défenseur gaucher de 6’2, Cole Jordan est l’un des 5 meilleurs patineurs de ce repêchage. Peut-être même l’un des 3 meilleurs !

Même si ce n’est pas le joueur aux instincts offensifs les plus élevés, il se sert à merveille de sa mobilité en zone offensive pour prolonger des jeux, appuyer l’attaque, venir en support à des coéquipiers, s’avancer en option de passe et lorsqu’il a la rondelle, il peut patrouiller la ligne bleue aisément.

C’est une excellente chose de jouer avec confiance, mais il arrive parfois à Jordan, en territoire défensif, de chercher à se sortir du pétrin avec son coup de patin alors qu’il pourrait effectuer une passe à un coéquipier. Et pourtant sa relance est plutôt efficace et est capables d’excellentes premières passes.

Il serait une cible vers la fin de la 3e ronde.

Mot de la fin : J’aimerais vous remercier d’avoir pris le temps de me lire. Même si je n’ai jamais la prétention de m’introduire comme un recruteur, c’est quelque chose qui me passionne profondément et sur quoi j’investis beaucoup (trop) de mon temps libre. C’est un domaine où les choses changent constamment au gré de la tendance du jour dans la LNH. Il est inévitable que nous allions faire notre lot d’erreurs, mais cela ne représente qu’une opportunité d’apprendre de celles-ci.

Vous pouvez me rejoindre à @19Simon19 sur Twitter, j’ai bien hâte de lire vos commentaires.




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